Les Européens sous-estiment la pollution au bruit

©BELGAIMAGE

La pollution tue, rappelle l’Agence européenne de l’Environnement, qui pointe des progrès en matière de particules fines. La pollution sonore, par contre, reste sous-estimée.

Comment l’environnement influence la santé et le bien-être en Europe? C’est la vaste question à laquelle l’Agence européenne de l’Environnement (AEE) s’attèle dans un rapport qu’elle publie ce mardi. En bref: on reste loin de nos objectifs, les mesures laissent souvent les plus vulnérables sur le côté, mais on avance. Prenez la qualité de l’air, régulièrement sous les feux de la rampe: le nombre de morts prématurées attribuables aux microparticules est tombé de 1 million en 1990 à 417.000 en 2018. Mais après la pollution atmosphérique, la nuisance environnementale la plus dangereuse pour l'être humain est moins visible à la rubrique Santé des gazettes...

«Les impacts du bruit de l'environnement ont un effet significatif et souvent sous-estimé sur la qualité de vie et de santé des citoyens européens», souligne l’AEE. Et le point intéresse la Belgique au premier chef, comme l'illustre la carte du Quietness Sustainablity index reprise dans le rapport: l’essentiel du pays forme la zone la plus vaste d'Europe identifiée comme à "faible potentiel d'aires calmes".

Quelques chiffres sur ce tueur qu'on ne peut qualifier de silencieux: le bruit fait davantage de morts prématurées par an (12.000) que les vagues de chaleur; il contribue à 48.000 nouveaux cas de maladies cardiaques par an; quelque 6,5 millions d'Européens souffrent de troubles du sommeil chroniques à cause de lui. Il est souvent lié au trafic routier – 20% de la population européenne est exposée à un bruit de trafic routier nocif pour la santé – mais les avions ne sont pas en reste, pointés comme responsables des troubles de l’apprentissage de quelque 12.500 écoliers. Et lorsqu'il s'agit de s'attaquer à ce problème, les pays européens font du sur place.

Une compréhension lacunaire

Plus généralement, environ 13% des décès en Europe (12% en Belgique) sont attribuables à l’environnement, selon les chiffres de l’OMS sur lesquels s'appuie l'AEE. "Vivre avec ces maladies réduit la qualité de vie, avec plus de 20 millions d'années en bonne santé perdues en raison de maladies attribuables à des environnements de mauvaise qualité" dans l’ensemble de l’Union européenne – Royaume-Uni compris.

"Plus de 20 millions d'années en bonne santé sont perdues en raison de maladies attribuables à des environnements de mauvaise qualité."
Agence européenne de l'Environnement

Pour ce qu’on sait du moins. Car "la compréhension des impacts des produits chimiques sur la santé humaine est lacunaire", souligne l’AEE. Idem pour les effets à long terme sur la santé des champs électromagnétiques.

En attendant, l’agence recommande aux décideurs d’activer des solutions vertes. Ainsi, étendre les espaces verts et bleus en ville permet de réduire la pollution, augmenter la biodiversité, améliorer la santé et le bien-être des individus, tout en favorisant la cohésion sociale. L'agence pointe aussi les pièges que la transition environnementale pourrait tendre: mal conçue, l'isolation des bâtiments par exemple peut limiter la ventilation, donc mener à une dégradation de l'air intérieur et de la santé.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés