Les Européens veulent imposer un véto à le Libra

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Paris, Rome et Berlin préparent des mesures pour interdire le Libra en Europe.

La France, l'Italie et l'Allemagne préparent ensemble une série de mesures pour interdire en Europe la future cryptomonnaie de Facebook. C'est ce qu'a annoncé ce vendredi Bruno Le Maire, le ministre français de l'Economie. "Le Libra n'est pas la bienvenue en Europe parce que c'est notre souveraineté qui est en jeu", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse en marge des réunions du FMI et de la Banque mondiale à Washington.

"La Libra n'est pas la bienvenue en Europe parce que c'est notre souveraineté qui est en jeu."
Bruno Le Maire
Ministre français de l'Economie

"Nous n'accepterons pas qu'une entreprise multinationale privée ait la même puissance monétaire que les Etats souverains qui sont soumis au contrôle démocratique; car la grande différence entre Facebook et les Etats, c'est que nous sommes soumis au contrôle démocratique, c'est-à-dire au contrôle du peuple", a-t-il ajouté. Le G7, réuni à Washington jeudi, avait déjà convenu que la condition sine qua non pour lancer les cryptomonnaies stables, comme le Libra, était l'instauration d'un cadre juridique.

De leurs côtés, les ministres des Finances du G20 ont préconisé ce vendredi d'"évaluer" les risques que posent les monnaies numériques stables, c'est-à-dire adossées à un panier de devises telles que l'euro ou le dollar et d'y "remédier" avant que celles-ci ne soient lancées. "Bien que nous reconnaissions les avantages potentiels de l'innovation dans le secteur financier, nous sommes d'accord sur le fait que les devises numériques stables (...) présentent une série de risques importants en matière de politique et de réglementation", souligne dans un communiqué la présidence japonaise du G20, citant en particulier le blanchiment d'argent, le financement illicite ou la fragilisation de la protection des consommateurs et des investisseurs.

Le G20 a de plus demandé au FMI d'examiner les implications macroéconomiques "incluant les problématiques de souveraineté monétaire de Etats membres en prenant en compte les caractéristiques des pays". Mais les Européens semblent vouloir aller plus loin, en interdisant purement et simplement la monnaie de Facebook.

"Il suffira que Facebook décide d'avoir plus d'euros ou plus de dollars pour avoir un impact sur le niveau de change de l'euro ou du dollar."
Bruno Le Maire

Un des points particulièrement litigieux, c'est le fait que le Libra sera adossée à un panier de devises. "Il suffira que Facebook décide d'avoir plus d'euros ou plus de dollars pour avoir un impact sur le niveau de change de l'euro ou du dollar et donc un impact direct sur le commerce, l'industrie, les Etats qui ont comme monnaie de référence l'euro ou le dollar", a souligné le ministre français.

L'association Libra avait été officiellement lancée lundi par 21 membres fondateurs à Genève dont PayU, les groupes de télécommunications Vodafone et Iliad, les plateformes Uber et Spotify, des acteurs de la blockchain comme Anchorage ou Coinbase, des fonds de capital risque comme Andreessen Horowitz ou des organisations à but non lucratif comme Kiva. Pour autant, le projet a été récemment affaibli par la défection de Paypal, Visa, Mastercard ou eBay.

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