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Les géants du net accélèrent la suppression des contenus haineux

©EPA

Les géants du net, surtout Facebook, retirent de plus en plus vite les contenus haineux qui leur sont signalés, en particulier en Belgique. L’effet du code de conduite européenne commence à se faire sentir.

Facebook, Twitter, YouTube et Microsoft ont supprimé en moyenne 70% des discours haineux qui leur ont été signalés, contre 59% en mai 2017. C’est ce qui ressort de la troisième évaluation, réalisée par la Commission européenne et des ONG, du code de conduite sur la lutte contre les discours haineux illégaux en ligne.

La Belgique obtient de bons résultats. Pas moins de 83% des contenus haineux signalés ont été retirés, contre 51% en mai dernier. En moins d’un an, les quatre opérateurs ont mieux tenu compte des retours des consommateurs et des "trusted flaggers".

Cinquante-huit cas ont été rapportés à deux ONG en Belgique, le CEJI - A Jewish contribution to an inclusive Europe (13) et le Centre interfédéral pour l’égalité des chances (Unia).

Facebook le plus proactif

L'évaluation porte sur près de 3.000 cas d’abus notifiés en Europe de novembre à décembre 2017. Au total, Facebook a retiré 80% des contenus signalés par les utilisateurs, Twitter 45% et YouTube 75%.

De plus en plus de contenus haineux apparaissent sur les réseaux sociaux. Depuis mai 2016, les groupes de nouvelles technologies se sont engagés dans le cadre d’un code de conduite à accroître leurs efforts pour supprimer dans ces messages dans les 24 heures.

Lors d’une première évaluation la même année, à peine 28% de ce type de contenu était retiré. En deux ans, les progrès sont réels, même s’il faut relativiser ces chiffres à l’aune de la méthode de calcul, basée sur un échantillonnage.

"Cet échantillon est suffisamment grand pour donner une idée précise de la situation", réplique Vera Jourova, la commissaire européenne chargée de la Justice, "nous n’allons pas trouver de méthode pour changer en quelques heures tous les discours haineux car ça, c’est la méthode chinoise".

L’évaluation révèle que 81% des contenus signalés sont examinés durant la journée, alors qu'avant, 51% étaient examinés dans les 24 heures du signalement.

Dans six Etats, dont la France et l’Italie, les retraits de contenus ont reculé par rapport à mai 2017.

Les propos haineux portaient le plus souvent sur l’origine ethnique (17%) l’identité musulmane (16,4%) et les migrants (16%). "L'internet doit être un havre exempt de tout discours haineux illégal et de contenu à caractère raciste et xénophobe" affirme Vera Jourova.

"Nous n'avons pas pour but d'arriver à 100%. En cas de doutes, les contenus doivent rester en ligne car la liberté d'expression est la règle"
Vera Jourova
Commissaire européenne à la Justice et aux Consommateurs

Pour déterminer ce qu'est un discours haineux, l'UE se fonde sur une définition de la Cour européenne des droits de l'homme selon laquelle "les discours interdits sont ceux qui incitent à la violence contre une catégorie de la population", ajoute la commissaire, "nous n'avons pas pour but d'arriver à 100%. En cas de doutes, les contenus doivent rester en ligne car la liberté d'expression est la règle".

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