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Les immigrés ne coûtent (presque) rien aux États, selon l'OCDE

"Dans tous les pays, la contribution des immigrés sous la forme d'impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que les pays consacrent à leur protection sociale, leur santé et leur éducation", écrit l'OCDE dans une étude parue ce jeudi. ©Photo News

Régulièrement mises sur la table, les dépenses publiques consacrées aux personnes immigrées sont finalement peu importantes, pointe une étude de l'OCDE.

Combien coûte réellement l'immigration? En faisant le ratio entre les contributions versées par les immigrés et les dépenses publiques de l'État, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime, dans une étude consacrée ce jeudi à leur "impact budgétaire", que ce coût s'équilibre. Et peut même être positif.

"Dans tous les pays, la contribution des immigrés sous la forme d'impôts et de cotisations est supérieure aux dépenses que les pays consacrent à leur protection sociale, leur santé et leur éducation", écrit l'OCDE dans ce rapport qui porte sur ses 25 États-membres pour la période 2006-2018.

"Dans les pays où il y a eu beaucoup d'immigration récente et jeune, on aura une contribution plus positive, comme en Italie ou en Espagne."
Ana Damas de Matos
Auteure de l'étude

Une contribution positive

"Ce qui focalise le débat public, c'est le coût que peut représenter l'immigration en termes de dépenses sociales, de santé, etc. On montre que cette question ne devrait pas nous obséder, car quand on fait le compte, on observe que la contribution est positive jusqu'à la prise en compte des dépenses militaires et de la dette publique", analyse, pour l'AFP, Jean-Christophe Dumont, chef de la division Migrations de l'OCDE.

En effet, lorsque le budget de la défense et le remboursement de la dette publique, qui ne concernent pas que les immigrés mais toute la population, sont pris en compte, la contribution devient négative pour la France (-0,85%), comme pour la moyenne des 25 pays étudiés (-0,16).

"La politique d'intégration, ce n'est pas une dépense, il faut voir ça comme un investissement. Avec un retour sur investissement."
Jean-Christophe Dumont
Chef de la division Migrations de l'OCDE

"L'impact budgétaire des immigrés est faible", résume Ana Damas de Matos, auteure de l'étude, première sur le sujet depuis 2013. Ces données "reflètent l'histoire migratoire de chaque pays", estime l'économiste. "Dans les pays où il y a eu beaucoup d'immigration récente et jeune, on aura une contribution plus positive, comme en Italie ou en Espagne. Et vice-versa. La France, elle, est dans une situation intermédiaire", avec une population immigrée plus vieillissante.

Un "investissement"

Le rapport détaille, par ailleurs, que "les gains les plus importants en matière de contribution budgétaire (…) ont été relevés dans des pays qui ont attiré d'importants flux de migrants de travail, en particulier des migrants hautement qualifiés".

"La contribution est positive, mais ça pourrait être beaucoup plus positif", affirme Jean-Christophe Dumont. "La politique d'intégration, ce n'est pas une dépense, il faut voir ça comme un investissement. Avec un retour sur investissement."

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