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Les indépendantistes plus forts que jamais en Catalogne

Le candidat du parti catalan de gauche indépendantiste ERC et actuel vice-président régional catalan Pere Aragones (à gauche) et le président du ERC Oriol Junqueras ©EPA

Les différents partis indépendantistes de Catalogne ont remporté, dimanche, assez de sièges pour renforcer leur majorité au Parlement régional.

Après le dépouillement de 99% des bulletins cette nuit, il n'y avait plus de doute quant à l'issue du scrutin: les séparatistes sont donnés victorieux avec 50,9% des suffrages, franchissant, au passage, le seuil des 50% pour la toute première fois. Lors du dernier scrutin en 2017, ils avaient totalisé 47,5% des votes. Un score qui avait donné lieu à une tentative de sécession marquée par l'organisation d'un référendum d'autodétermination qui avait été interdit par la justice espagnole.

"Nous avons une force immense pour réaliser un référendum et une république de Catalogne."
Pere Aragones
Chef de file intérimaire de l'ERC

La branche locale du Parti socialiste, au pouvoir en Espagne, ne s'avoue toutefois pas vaincue. Après le dépouillement de près de 100% des bulletins, l'ex-ministre de la Santé Salvador Illa (PSC) et candidat du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez est ainsi arrivé en tête avec environ 23% des voix et 33 sièges sur les 135 que compte le parlement régional.

Vers un nouveau référendum?

Le parti indépendantiste de gauche Esquerra Republicana de Catalunya (ERC), qui a obtenu 33 sièges, comme le Parti socialiste, a annoncé qu'il mènerait le gouvernement régional et qu'il tenterait d'obtenir le soutien d'autres partis pour la tenue d'un référendum sur l'indépendance. Son chef de file intérimaire, Pere Aragones, apparaît désormais en position de force pour devenir le prochain président régional.

"Le pays débute une nouvelle ère avec les séparatistes dépassant pour la première fois les 50% de suffrages. Nous avons une force immense pour réaliser un référendum et une république de Catalogne", a déclaré Pere Aragones, appelant le président du gouvernement espagnol Pedro Sanchez à entamer des discussions sur un référendum.

Le mouvement séparatiste de centre droit Junts per Catalunya (JxCat), fondé par Carles Puigdemont, était crédité, quant à lui, de 32 sièges seulement. Une troisième place au Parlement considérée comme une défaite par la presse espagnole. Le parti séparatiste d'extrême gauche CUP était donné victorieux de 9 sièges. Ces deux partis sont considérés comme primordiaux dans l'objectif d'une nouvelle coalition gouvernementale séparatiste. Au total, les trois partis séparatistes remportent 74 sièges contre 70, renforçant leur majorité.

Pas de 2017 bis annoncé

Selon le scénario le plus probable, les deux principaux partis séparatistes devraient désormais reconduire leur coalition gouvernementale sortante. On ne devrait toutefois pas assister à une répétition du bras de fer de 2017 entre la région et le pouvoir central de Madrid. Les tensions, qui avaient alors atteint un niveau inédit, ont reflué depuis et les électeurs étaient dimanche davantage préoccupés par l'épidémie de coronavirus.

Il est d'ailleurs possible que la faible participation sur fond de crise sanitaire, 53% contre 79% lors du précédent scrutin en 2017, a favorisé les partis séparatistes, dont les partisans se sont mobilisés en masse malgré les mesures de restriction en vigueur.

Le parti d'extrême-droite Vox fait son entrée au Parlement régional, avec 11 sièges, devant le Parti Populaire et Ciudadanos.

Mais le Parti socialiste devrait également tenter de former un gouvernement. Le candidat socialiste Salvador Illa a ainsi déclaré qu'il y avait une volonté générale de réconciliation en Catalogne après des années de séparatisme. Il a dit vouloir obtenir une majorité parlementaire, ce qui nécessiterait toutefois une alliance improbable avec d'autres partis. Ses chances restent ainsi extrêmement faibles, les partis séparatistes s'étant engagés par écrit à ne pas sceller d'accord avec lui.

Le fait qu'ERC remporte davantage de sièges que Junts pourrait, par ailleurs, renforcer la stabilité du gouvernement national. ERC avait joint, en effet, ses voix à celles des socialistes à plusieurs reprises à Madrid en échange de discussions sur le conflit politique en Catalogne.

L'arrivée de l'extrême-droite

Notons, par ailleurs, l'arrivée du parti d'extrême-droite Vox au Parlement régional. Avec 11 sièges, il se classe même devant le Parti populaire (PP), principal parti de la droite espagnole, et le mouvement centriste Ciudadanos. Mené par son fondateur controversé et au style agressif, Santiago Abascal, Vox est déjà le troisième parti du Parlement national.

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