Les investisseurs fuient la dette portugaise

Des manifestants du Parti de gauche dénoncent le pouvoir des agences de notation (©Gonzalo Fuentes)

Si globalement les marchés ne réagissent que très peu à l'annonce de S&P, le marché obligataire portugais par contre trinque. L'écart de taux à 10 ans entre l'Allemagne et le Portugal atteint un record, à 1.095,6 points de base.

Les rendements des dettes italienne et espagnole sont stables, les achats d'obligations réalisés par la Banque centrale européenne atténuent les tensions liées aux dégradations de notes annoncées vendredi par Standard & Poor's et aux doutes sur la résolution de la crise grecque.     

Ce n'est  par contre pas du tout le cas pour le Portugal, dont la dette a été reléguée au rang d'investissements "spéculatifs" par S&P vendredi. Le taux d'emprunt de Lisbonne à 10 ans prenait 133 points de base, à 12,713% vers 15h30. Quant au spread avec le Bund, il atteint un record, à 1.095,6 points. Du jamais vu.

S&P a abaissé les notes de l'Italie, de l'Espagne, du Portugal et de Chypre de deux échelons, et celles de la France, de l'Autriche, de Malte, de la Slovaquie et de la Slovénie d'un cran. Seuls l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande conservent la note suprême AAA.

Ces décisions étaient largement anticipées et les contrats 'futures' sur les Bunds allemands consolident après avoir inscrit vendredi un record à 140,23. Mais stratégistes et traders n'excluent pas de nouveaux plus hauts, les inquiétudes sur l'insuffisance des mesures anti-crise adoptées par la zone euro restant entières.      Ils ajoutent qu'une baisse de la note du Fonds européen de stabilité financière (FESF), pour l'instant "triple A", est désormais quasi certaine car un accroissement de la contribution des quatre Etats ayant conservé cette note maximale pour compenser l'impact de la dégradation française semble politiquement difficile à obtenir.     


"Je ne vois aucune hypothèse dans laquelle le FESF ne serait pas dégradé", déclare Lyn Graham-Taylor, stratège taux de Rabobank. "Une fois que le FESF sera dégradé, on assistera à de nouvelles réactions d'aversion au risque qui affecteront sans doute particulièrement l'Espagne et l'Italie."     

 



La BCE "Seul acheteur"  
Le rendement à deux ans italien reflue de 4,6 points de base à 4,378%, après avoir ouvert proche de 4,6%. Les rendements à 10 ans sont en légère hausse, à 6,7% pour l'Italie  et 5,25% pour l'Espagne..

Des intervenants ont déclaré que la BCE achetait des titres italiens et espagnols sur des maturités allant de trois à dix ans.  "Si la BCE n'était pas en train d'acheter massivement des obligations, les 'périphériques' se trouveraient là où ils étaient un peu plus tôt", a dit un trader. "La BCE est le seul acheteur aujourd'hui."     


Si les décisions de S&P n'ont guère surpris les investisseurs, ceux-ci s'inquiètent de l'interruption, vendredi, des discussions entre la Grèce et ses créanciers privés sur le projet d'échange de titres obligataires indispensable pour éviter un défaut "désordonné" d'Athènes.      
Pour Lyn Graham-Taylor, les doutes suscités par la Grèce devraient se traduire par un creusement des spreads des pays 'périphériques' de la zone euro.     
"Je m'attends à une certaine convergence entre l'Espagne et l'Italie, les discussions en Grèce ne semblent pas très positives", dit-il.   

Achats records

Par ailleurs, la BCE a fait ses comptes et au cours de la semaine dernière, l'institution francfortoise a racheté pour 3,766 milliards d'euros d'obligations, après en avoir acquis pour 1,104 milliards d'euros une semaine plus tôt.

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