Les jours de Rajoy sont-ils comptés à la tête de l'Espagne?

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Le Parti socialiste espagnol dépose une motion de censure contre Mariano Rajoy. Les libéraux de Ciudadanos appellent à des élections anticipées. En cause, la condamnation du parti de Rajoy et plusieurs de ses membres dans une affaire de corruption. Des tensions non sans conséquences sur les marchés.

Climat tendu en Espagne. Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, fait l'objet d'une motion de censure. Sa formation, le Parti populaire (PP), est condamnée dans une affaire de corruption. 

La motion a été déposée par le Parti socialiste espagnol, soutenu par la gauche radicale Podemos. "Notre motion de censure est présentée afin de former ungouvernement socialiste, pour retrouver une vie politique etinstitutionnelle normale. Nous organiserons ensuite desélections anticipées aussi tôt que possible."

Les libéraux de Ciudadanos, alliés de Rajoy, réclament, eux, la tenue d'élections anticipées dans les prochaines semaines. "Mais nous allons nous opposer à la motion présentée par Pedro Sanchez", le chef du parti socialiste, afin de prendre la place de Rajoy, ajoute toutefois le secrétaire général du parti libéral, José Manuel Villegas.

Pour renverser le président du gouvernement, les socialistes auront besoin du soutien des partis Podemos et Ciudadanos. La formation centriste s'est déclarée prête à présenter sa propre motion de censure contre le chef du gouvernement. 

Lors d'une conférence de presse, Mariano Rajoy a écarté toute possibilité de démission ou d'élections anticipées. Il déclare donc rester à son poste jusqu'à la fin de son mandat à la mi-2020.

Selon lui,  la motion va à "l'encontre de la stabilité politique du pays et à de son redressement économique". "C'est mauvais pour l'Espagne". Selon lui, cette motion n'a qu'un objectif: mener Pedro Sanchez sur le siège de Premier ministre.

Un vaste système de pots-de-vin

La justice a conclu dans un arrêt rendu public jeudi que le Parti Populaire de (PP) de Mariano avait procédé à un financement illicite. Selon l'arrêt de l'Audience nationale, le PP a bénéficié d'un vaste système de pots-de-vin en échange de marchés publics dans plusieurs municipalités.

Ce tribunal compétent notamment pour les affaires de corruption, a également conclu à l'existence d'une "caisse noire", pourtant niée par les dirigeants du PP. "Sentence dévastatrice", titrait vendredi le journal catalan El Periodico, tandis qu'El Pais, premier tirage du pays, écrivait dans un éditorial que "ce coup de massue, sans précédent dans l'Espagne démocratique porte atteinte à la crédibilité du parti qui a gouverné le pays de 1996 à 2004 et depuis 2011".

Cette affaire de corruption poursuit Mariano Rajoy depuis son arrivée au pouvoir en 2011. Il a toujours nié. Vingt-neuf personnes liées au PP, dont un ancien trésorier, sont désormais condamnées pour falsification de comptes, trafic d'influence et divers délits fiscaux. Elles ont été au total condamnées à 351 ans de prison.

Dans sa décision, le juge a déclaré que le  témoignage de Rajoy "ne semble pas assez plausible pour réfuter les preuves solides montrant l'existence d'une caisse noire au sein du parti".

Impact sur les marchés

La Bourse de Madrid a accusé une baisse de 1,70% à 9.826,50 points. L'incertitude politique a fait dévisser toutes les banques, telles Banco Santander (-2,65% à 4,99 euros) et la Caixa, lanterne rouge de la séance (-3,77% à 3,91 euros).

Dans le domaine de l'énergie, les groupes gaziers étaient en net recul (Gas natural -3,29% à 21,15 euros, Enagas -3,08% à 23,26 euros). Le pétrolier Repsol perdait 3,02% à 15,76 euros. L'action du groupe IAG (Iberia, British Airways) était un des rares en hausse, de 2,23% à 7,99 euros.

Quant aux autres marchés européens, ils ont réduit nettement leur progression. L'Eurostoxx 50 a reculé de 0,18%. La Bourse de Paris a fini en léger recul (-0,11%), alors que la Bourse de Milan a quant à elle terminé en forte baisse, l'indice FTSE Mib perdant 1,54%. Londres, Francfort et Amsterdam ont quant à elles clôturé en hausse, alors que Bruxelles est restée inchangée.

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