Les marchés pourraient mettre l'Espagne "en difficulté"

Selon le directeur général de la Banque d'Espagne, même si la situation financière espagnole est bien meilleure que celle de la Grèce et de l'Irlande, l'effet d'emballement des marchés pourrait à lui seul placer Madrid dans une situation difficile.

Le directeur général de la Banque d'Espagne, José Luis Malo de Molina, a estimé jeudi que la défiance des marchés pouvait mettre l'Espagne en "difficulté" de financement, alors même que sa situation est différente de celle de l'Irlande ou de la Grèce.

"Dans la situation actuelle de contagion, ce qui se produit est que, même si l'économie espagnole ne présente aucun des éléments de fragilité des économies grecque et irlandaise, la simple expectative des marchés peut mettre en difficulté son financement", a déclaré M. Malo de Molina à la presse à l'issue d'un colloque organisé par l'école de commerce IESE à Madrid.

"Quand il y a des phénomènes de suspicion et de contagion, les économies à problèmes, quoique d'une ampleur et d'une nature différentes, peuvent en faire les frais, car sur les marchés financiers, certaines attentes sont parfois des prophéties auto-réalisatrices", a ajouté M. Malo de Molina.

"Pour l'Espagne, qui dépend de la captation de ressources extérieures, le processus peut se révéler dangereux", a souligné directeur de la Banque d'Espagne, en insistant sur le fait que les autorités espagnoles "ont réagi comme en mai", après le sauvetage de la Grèce, quand l'exécutif avait approuvé une série de réformes et de mesures d'austérité afin de rassurer les marchés.

M. Malo de Molina a de nouveau assuré que l'Espagne n'avait pas besoin de recourir à une aide et appelé tous les acteurs économiques à travailler et à démontrer aux marchés qu'ils étaient disposés à aller de l'avant avec énergie dans la mise en oeuvre de réformes structurelles.

Dans ce contexte de nervosité, les taux d'intérêt des pays les plus fragiles de la zone euro ont continué de se tendre jeudi. Ils ont atteint des niveaux jamais vus pour l'Irlande et entraîné dans leur sillage les taux des pays solides, victimes de la défiance des investisseurs pour toutes les dettes souveraines en Europe.

Les taux espagnols, qui ont évolué toute la journée au-dessus de 5%, barre franchie pour la première fois depuis 2002 mercredi, se tendaient à 5,166% contre 5,064% la veille.

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