Les migrants seront désormais fouillés au Danemark

©EPA

Le Parlement danois a adopté mardi à une écrasante majorité une réforme du droit d'asile qui participe, selon ses opposants, à une surenchère entre certains pays d'Europe visant à dissuader les migrants de chercher refuge sur leur sol.

Les temps sont durs pour les migrants qui sont arrivés au Danemark. Le pays scandinave a décidé de réformer son droit d'asile après avoir enregistré 21.000 demandes d'asile en 2015. Le Parlement danois a adopté mardi cette réforme largement décriée.

Qu'est-ce qui change?

• Les migrants se verront désormais confisquer leurs liquidités et effets personnels afin de financer le coût de leur séjour pendant l'examen de leur demande d'asile. Seules les alliances et bagues de fiançailles vont y échapper après que le Washington Post ait fait le lien entre cette mesure et la spoliation des juifs par les nazis...

• Les migrants devront attendre 3 ans (au lieu de 1 an actuellement) avant de pouvoir faire venir leur famille restée au pays. Cet allongement du délai du regroupement familial risque d'inciter les réfugiés à emmener leurs enfants sur la route périlleuse de l'exil.

• Les droits sociaux des migrants seront réduits.

La réforme - qui attend encore la signature de la reine Margrethe II - devrait rentrer en vigueur début février.

Qu'est-ce qui fâche?

• Au Danemark

Malgré un gouvernement minoritaire, le Premier ministre libéral Lars Løkke Rasmussen a convaincu les sociaux-démocrates, premier parti d'opposition, et deux petits partis de droite. Toutefois, les parlementaires écologistes et d'extrême gauche ont livré un baroud d'honneur en multipliant les interventions lors du débat parlementaire. Johanne Schmidt-Nielsen, jeune élue de la Liste de l'unité, a dénoncé la participation de son pays à "un concours européen de repli" qui l'expose aux fourches caudines de la justice européenne.

• En Europe

L'eurodéputé belge Louis Michel s'est emporté au Parlement européen, dénonçant la réforme en tant que telle et l'absence de débat démocratique.

Le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) accuse également cette réforme de nourrir "la peur et la xénophobie" en Europe

 John Dalhuisen, directeur d'Amnesty International pour l'Europe et l'Asie centrale, a regretté un vote "lâche", exhortant "les États européens à mettre fin à leur triste surenchère et à respecter leurs obligations internationales".

Copenhague se défend

"À ceux qui nous critiquent, ma question est la suivante: quelle est votre alternative? L'alternative c'est que nous continuions à être le pays le plus attractif d'Europe, et finir comme la Suède", a lancé le social-démocrate Dan Jørgensen. 163.000 réfugiés ont déposé une demande d'asile en Suède l'an dernier, cinq fois plus qu'au Danemark rapporté à leur population respective. "Tant que le monde ne s'unira pas et ne trouvera pas une solution commune, le Danemark doit agir", a justifié le député Jakob Ellemann-Jensen.

"Nous nous tenons dans les limites des conventions" signées par le Danemark, a assuré la ministre en charge des questions d'immigration, Inger Støjberg, bête noire des ONG.

Réprouvé par les Nations unies, l'Union européenne, l'OSCE et les organisations humanitaires, la réforme avait toutefois le fort du soutien de la population. 

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