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Les nationalistes basques poussent Rajoy vers la sortie

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A la veille de la motion de censure visant le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, les intentions de vote annoncées par les différents partis ce jeudi montrent que la motion devrait rassembler 180 voix, assez pour faire tomber le chef du gouvernement, ce qui serait une première en Espagne.

Mariano Rajoy serait-il pris au piège? Le chef du gouvernement espagnol, déjà affaibli par la condamnation de son parti dans un procès pour corruption, n’a peu, voire plus, de chance de se maintenir au pouvoir d’ici vendredi après-midi. Explications.

Rajoy et son parti (Parti populaire, PP) sont empêtrés dans un procès pour corruption. Selon les juges, le PP a bénéficié de fonds obtenus par les maires PP dans le cadre d’un "système de corruption institutionnel" via la "manipulation de marchés publics". Ils ont condamné, vendredi dernier, le Parti populaire à rembourser quelque 250.000 euros.

Dans la foulée, le chef du gouvernement a fait l’objet d’une motion de censure déposée par le Parti socialiste espagnol (PSOE), soutenu par la gauche radicale Podemos. Ce jeudi avaient lieu les – vifs – débats, qui doivent se poursuivre jusqu’au vote prévu vendredi en début d’après-midi. Voilà pour le contexte.

Deux options pour Rajoy

Dans les faits, la motion de censure déposée par le chef du PSOE, Pedro Sanchez, doit obtenir la majorité absolue de 176 voix pour être adoptée. Si elle l’est, Pedro Sanchez deviendrait alors le nouveau chef du gouvernement.

Les analystes politiques donnaient, en début de semaine, très peu de chances à cette motion, mais le vent semble avoir tourné.

Avec l’appui des 84 députés socialistes, celui de Podemos et celui probable des indépendantistes catalans (ainsi que quelques autres partis régionalistes), Sanchez pourrait compter jusqu’à 175 voix. Mais pas que. Ce jeudi, le Parti nationaliste basque (PNV) a décidé de voter la censure contre le conservateur Mariano Rajoy. Ce faisant, le PNV scelle le sort du chef du gouvernement puisqu’il porte, avec ses 5 députés, à 180 le nombre de voix rassemblées par Pedro Sanchez. La décision du PNV est donc cruciale concernant le sort de Mariano Rajoy.

Si ce dernier a exclu jusqu’ici une démission qui permettrait à son parti de se maintenir au pouvoir le temps d’organiser les prochaines élections anticipées et ainsi empêcher l’arrivée de Sanchez au pouvoir, rien ne dit à l’heure qu’il ne reviendra pas sur sa décision. En effet, une démission permettrait à Mariano Rajoy d'éviter l'humiliation d'être le premier chef de gouvernement espagnol à perdre une motion de censure. 

Concrètement, il reste deux options au conservateur: démissionner avant le vote ou attendre celui-ci, tout en sachant qu'il a (très) peu de chances que la motion de censure ne soit pas adoptée.

Comment Sanchez a convaincu les Basques et les Catalans

Afin de convaincre les nationalistes basques, Sanchez, qui compte gouverner temporairement et faire passer des mesures sociales avant de convoquer des élections, a assuré qu'il ne toucherait pas au budget qui prévoit des largesses financières pour le Pays basque. 

Concernant les séparatistes catalans, Pedro Sanchez a annoncé qu'il essaierait de "jeter des ponts" avec le gouvernement régional de Barcelone. "Au sein de la nation espagnole, il y a des territoires qui eux aussi se sentent nations", a-t-il déclaré. "Nous pouvons coexister dans le cadre de la constitution."


Pedro Sanchez ©AFP

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