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Les Occidentaux font bloc contre la Russie

Theresa May était en visite ce jeudi à Salisbury, où l'ex-espion russe et sa fille ont été retrouvés empoisonnés. ©REUTERS

La pression sur la Russie est un peu plus grande chaque jour face aux pays occidentaux qui se joignent au Royaume-Uni pour désigner Moscou comme responsable de l’empoisonnement d’un ex-espion russe.

C’était au tour de l’Allemagne, la France et les Etats-Unis de se joindre jeudi au Royaume-Uni afin de désigner Moscou comme responsable de l’empoisonnement d’un ex-espion russe sur le territoire anglais. La veille, Londres avait annoncé des sanctions contre la Russie après plusieurs jours d’accusations réciproques. Theresa May, la Première ministre britannique, a annoncé mercredi l’expulsion de 23 diplomates russes et le gel des contacts bilatéraux avec la Russie devant le Parlement. Il s'agit de la plus grande vague d'expulsion de diplomates russes par le Royaume-Uni depuis la Guerre froide.

Cela s'est produit au Royaume-Uni mais cela aurait pu se produire n'importe où et nous sommes unis contre cela."
Theresa May
Première ministre britannique

May, qui visitait pour la première Salisbury où l’ancien agent double Sergueï Skripal et sa fille Youlia ont été retrouvés empoisonnés, a vanté "l’unité" de ses alliés face à la Russie, qui doit donc faire face à une pression occidentale grandissante.

"Cela s'est produit au Royaume-Uni mais cela aurait pu se produire n'importe où et nous sommes unis contre cela", a-t-elle déclaré.

Londres, Berlin, Paris et Washington ont estimé, dans un communiqué commun, que la responsabilité russe était la seule explication "plausible" à l'empoisonnement de Sergueï Skripal. Les quatre pays ont aussi demandé à Moscou de fournir toutes les informations sur le programme chimique Novitchok (agent créé dans les années 1980 par des scientifiques soviétiques).

Emmanuel Macron a lui indiqué qu'il annoncerait des mesures "dans les prochains jours". Par ailleurs, le président français ne se rendra pas, ce jeudi soir, au pavillon russe du Salon du livre de Paris.

Soutien belge

Charles Michel a également apporté le soutien de la Belgique au Royaume-Uni."Ce n'est pas seulement une tentative d'assassinat, mais une atteinte grave à la sécurité de la population. C'est inacceptable", a-t-il déclaré. Le Premier ministre "condamne fermement" l'attaque. "Il est fondamental que la Convention sur l'interdiction des armes chimiques et que les engagements internationaux soient intégralement respectés."

Il appelle la Russie à collaborer pour faire la lumière sur cette affaire et invite le président du Conseil européen Donald Tusk à "coordonner une réponse des 28 Etats membres de l'Union européenne".

Riposte russe

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskow juge la position de la partie britannique "absolument irresponsable". Les mesures de riposte "ne se feront naturellement pas attendre". "La décision sera prise par le président (...) et il n'y aucun doute qu'il choisira la version qui répond au mieux aux intérêts de la Russie", a-t-il précisé, estimant que l'empoisonnement de l'ex-espion russe présentait "tous les signes de provocation".

Vladimir Poutine, le président russe qui devrait être reconduit lors des élections législatives ce dimanche, a réuni jeudi le Conseil de sécurité nationale pour parler de la situation autour de l’affaire Skripal.

Un haut diplomate russe a toutefois affirmé que Moscou n'a jamais développé, y compris du temps de l'URSS, de programme d'armes chimiques "Novitchok" (l'agent innervant mis en cause dans l'empoisonnement de l'ex-espion russe).

De son côté, le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov a assuré que Moscou expulserait "obligatoirement" les diplomates britanniques, ajoutant que la réponse russe serait d’abord communiquée à Londres avant d’être rendue publique.

Il a aussi accusé Londres d'utiliser l'empoisonnement pour "détourner l'attention" de ses difficultés liées au Brexit, sur le plan intérieur et dans ses relations avec l'Union européenne.

48 millions dans la lutte contre les armes chimiques

Gavin Williamson, le ministre britannique de la Défense, a annoncé ce jeudi un investissement de 48 millions de livres – soit 54 millions d’euros – dans la lutte contre les armes chimiques et la vaccination de milliers de soldats contre l’anthrax.

 

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