Les Pays-Bas confrontés à un vieillissement coûteux

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Le porte-monnaie des pensionnés néerlandais va pâtir du retournement de la conjoncture dû à une démographie vieillissante.

Les pensionnés néerlandais vont faire les frais du décrochage de l’économie promis à se produire aux Pays-Bas dans un futur proche. Après la réforme de juin dernier qui a entériné le principe d’une fluctuation des pensions en fonction de la conjoncture, les prévisions du Centraal Plan Bureau (CPB) confirment la situation précaire qui guette les inactifs ayant cessé leur activité.

La pire menace évoquée concerne une baisse des pensions versées par les fonds de pension.

Au total, la croissance du PIB ne devrait pas dépasser 1,1% sur la période 2022-2025, anticipe le "think tank" néerlandais. Outre les incertitudes économiques qui vont affecter les échanges commerciaux des Pays-Bas, le vieillissement de la population sur lequel va se greffer une hausse du coût des frais de santé, s’avère parmi les principaux facteurs de ce ralentissement attendu. "Le vieillissement aura pour conséquence d’augmenter les prestations retraite que devra verser par l’État à un plus grand nombre et le montant des frais de soins", relève l’organisme de prévisions. Dans ce contexte, les pensionnés vont payer un lourd tribut. Si le pouvoir d’achat restera à l’étal entre 2022 et 2225 pour l’ensemble de la population, celui des pensionnés va se tasser de 0,2% par an en moyenne. "Les retraités seront pénalisés du fait de l’indexation limitée de leur pension sur l’inflation et d’une baisse des pensions complémentaires", décrit le CPB.

En effet, la pire menace évoquée concerne une baisse des pensions versées par les fonds de pension. "Un grand nombre de pensionnés va être confronté à des baisses nominales de revenu", lit-on dans le rapport du CPB. Les coupes dans les pensions vont atteindre 2,5% entre 2021 et 2023 au sein des plus grands fonds institutions de retraite (fonctionnaires, santé, métallurgie,..) et 0,8% pour l’ensemble des retraités.

Répit d’un an pour les fonds de pension

Cette situation qui menaçait de se produire dès l’année prochaine, va être évitée de justesse. Le ministre des Affaires sociales Wouter Koolmes a proposé un amendement aux règles draconiennes sur le financement des fonds de pension qui va accorder un répit d’un an aux fonds de pension pour se mettre à niveau.

Du fait des taux d’intérêt au plus bas, les fonds de pension se trouvent confrontés à des taux de couverture insuffisants face à leurs engagements financiers envers les retraités.

Du fait des taux d’intérêt au plus bas, les fonds de pension se trouvent en effet confrontés à des taux de couverture insuffisants face à leurs engagements financiers envers les retraités. De plus, entre 2021 et 2025, ils vont devoir servir des prestations supplémentaires à 167.000 nouveaux arrivants. Obligés à se refaire une santé, les fonds de pension ne manqueront pas de revoir à la hausse les cotisations demandées à leurs affiliés actifs.

Pendant à l’augmentation de la population des seniors, la facture des frais de santé est un autre frein à la future prospérité du royaume. Les coûts de la santé augmenteront de quelque 2,7% par an ces prochaines années. Totalisant 68 milliards d’euros en 2017, ils s’élèveront à 84 milliards en 2021 et à 100 milliards en 2025. Résultat: les primes de couvertures santé complémentaires seront revues à la hausse par les assureurs.

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