Les Pays-Bas desserrent les cordons de la bourse budgétaire

Le premier ministre néerlandais Mark Rutte. ©ANP

Les orientations budgétaires du gouvernement vont augmenter de 2,1% le pouvoir d’achat des ménages et de 2,4% celui des actifs.

Après une croissance économique continue ces sept dernières années et en prévision des élections législatives de 2021, la coalition en place à La Haye a prévu de desserrer les cordons de la bourse. Répartir la richesse, notamment en faveur des classes moyennes, tel est l’objectif du budget 2020 présenté mardi par le troisième gouvernement dirigé par le Premier ministre Mark Rutte en place depuis 2010.

Comme l’exigent le protocole et la constitution, les orientations budgétaires ont été présentées dans un discours prononcé par le souverain, Willem Alexander.

1,2%
L’excédent budgétaire néerlandais devrait atteindre 1,2% cette année tandis que la dette publique est de 50,9% du PIB.

Par le truchement d’un allégement de leurs charges, les classes moyennes vont voir leur pouvoir d’achat croître de 2,4% l’année prochaine (+ 2,1% pour l’ensemble des ménages et + 1,1% pour les retraités). Ces largesses vont grever de 3 milliards d’euros le budget de l’État.

Les entreprises sont aussi mises à contribution. Outre le report d’une baisse de l’impôt sur les sociétés envisagée par le gouvernement, l’allégement de l’impôt sur les bénéfices sera moins conséquent que prévu jusqu’en 2021. Sans compter, des prélèvements annoncés sur leurs émissions de CO2.

Rectifier le tir

Ce budget vise à rectifier le tir. La croissance de ces dernières années a en effet surtout profité aux plus nantis et aux entreprises. Selon le Bureau central des statistiques (CBS), le nombre de citoyens ayant un revenu annuel de plus de 100.000 euros a crû de 52,7% entre 2011 et 2017. À l’inverse, au sein des classes moyennes, le revenu des ménages s’est tassé de 1,2% entre 2008 et 2018, relève l’étude annuelle du Sociaal en Cultureel Planbureau (SCP).

Cette politique dispendieuse intervient malgré des signes d’essoufflement de l’économie néerlandaise dont la croissance provient des échanges internationaux. Compte tenu des craintes liées au Brexit et à la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, la croissance du PIB devrait se tasser à 1,5% l’année prochaine, contre + 1,8% attendu cette année (+ 2,9% en 2018).

Accélérer les investissements

Malgré tout, les finances publiques des Pays-Bas affichent une santé insolente. L’excédent budgétaire va atteindre 1,2% du PIB cette année. Quant à la dette publique, elle n’excède pas 50,9% du PIB. Dans ces conditions, le gouvernement a prévu d’accélérer ses investissements.

Profitant des taux d’intérêt au plus bas, les Pays-Bas vont ainsi emprunter plusieurs dizaines de milliards d’euros pour soutenir leur économie. Un emprunt qui va servir à la création d’un fonds destiné à financer des projets d’infrastructures et de recherche pour relancer l’économie en cas de mauvaise conjoncture.

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