Les relations entre l'Europe et la Russie "au plus bas"

Le Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères Josep Borrell (à droite) et son homologue russe Sergeï Lavrov. ©via REUTERS

La Russie et l'UE ont acté une détérioration accrue de leurs relations depuis l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny, tout en soulignant une volonté commune de coopérer dans plusieurs domaines.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a réitéré, lors d'une rencontre avec son homologue russe Sergueï Lavrov, ce vendredi à Moscou, l'appel de l'Union européenne (UE) à "libérer le dissident Alexeï Navalny et les centaines d'opposants arrêtés lors des récentes manifestations".

Depuis l'annexion de la Crimée et la guerre menée par la Russie en Ukraine en 2014, les relations entre l'UE et son voisin n'ont cessé de se dégrader.

Lors d'une conférence de presse commune, les deux représentants ont fait état, malgré les différends entre l'Europe et la Russie, de leur volonté de coopérer dans plusieurs domaines, comme la politique internationale, la culture, la recherche, le Covid-19 et le climat. Ils ont évoqué également la relance de l'accord sur le nucléaire iranien.

Profondes divergences

Depuis l'annexion de la Crimée et la guerre menée par la Russie en Ukraine en 2014, les relations entre l'UE et son voisin n'ont cessé de se dégrader. L'emprisonnement du dissident russe Alexeï Navalny, depuis le 17 janvier, et son empoisonnement au Novitchok, en août dernier, ont encore aggravé les choses.

"Une détérioration supplémentaire de nos relations aurait des conséquences imprévisibles et négatives."
Sergueï Lavrov
Ministre russe des Affaires étrangères

Le Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères était en visite à Moscou pour définir les domaines de coopération et rappeler les exigences européennes en matière de respect des droits humains et d'État de droit. Avant la conférence de presse, il a indiqué que les relations entre les deux blocs étaient "au plus bas".

Entre tensions et coopération

De son côté, la Russie, désireuse de reprendre une coopération avec l'UE, a néanmoins lancé un avertissement face à qu'elle qualifie d'"ingérence". "Une détérioration supplémentaire de nos relations aurait des conséquences imprévisibles et négatives", a averti Sergeï Lavrov, tout en appelant à "une coopération mutuellement bénéfique".

"Ces dernières années, nos relations ont été marquées par des différends et un manque de confiance", a répliqué Josep Borrell. L'Espagnol a ensuite évoqué la nécessité de coopérer et d'identifier "les sujets sur lesquels nous pouvons travailler ensemble".

L'affaire Navalny

Josep Borrell a appelé la Russie à "clarifier ce qui s'est passé dans la tentative d'empoisonnement" d'Alexeï Navalny par "une enquête transparente". "Nous sommes habitués à ce que l'Europe impose ses restrictions", a répliqué Sergueï Lavrov.

Alexeï Navalny dans l'avion qui l'a ramené à Moscou le 17 janvier dernier. ©AFP

Après avoir été empoisonné au Novitchok en Sibérie, Alexeï Navalny avait été accueilli en Allemagne, où des traces de ce poison de fabrication russe avaient été trouvées dans son sang. Lors de sa convalescence, l'opposant avait réussi à piéger un agent du FSB, les services de renseignements russes, ayant participé à l'opération d'empoisonnement.

Alexeï Navalny est rentré à Moscou le mois dernier. Arrêté dès son arrivée à l'aéroport, il poursuit en prison son bras de fer contre le président russe Vladimir Poutine.

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