La Belgique va recevoir la moitié des doses AstraZeneca prévues

©REUTERS

Les retards de livraisons de vaccins annoncés par Pfizer et AstraZeneca inquiètent la Belgique et l'Europe. Charles Michel réclame de la transparence/ La Commission européenne exprime un profond mécontentement.

Après les retards annoncés par Pfizer dans les livraisons de vaccins contre le Covid, l'annonce similaire d'AstraZeneca inquiète l'Europe, où certains pays prévoient même jusqu'à 80% de livraisons en moins que prévu.
Les livraisons du vaccin AstraZeneca/Oxford en Europe -sous réserve de son approbation, prévue le 29 janvier-, seront moins importantes que prévu, en raison d'une "baisse de rendement" sur un site de fabrication, a indiqué vendredi soir le groupe britannique à l'AFP. La Commission européenne avait initialement réservé jusqu'à 400 millions de doses de ce vaccin.

650.000 doses pour la Belgique

Le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, a déclaré : "On avait un contrat en vue avec AstraZeneca qui promettait 1,5 million de doses pour le premier trimestre. Et là, AstraZeneca dit on va diminuer de moitié, au lieu de 1,5 million il y aurait 650.000. Ce sera rattrapé après mais c'est quand même extrêmement gênant pour le début de la campagne. C'est une très mauvaise nouvelle", a-t-il ajouté.

"On avait un contrat en vue avec AstraZeneca qui promettait 1,5 million de doses pour le premier trimestre. Et là, AstraZeneca dit on va diminuer de moitié, au lieu de 1,5 million il y aurait 650.000".
Frank Vandenbroucke
Ministre de la Santé

Charles Michel veut de la transparence

"Ce que nous demandons à ces entreprises, c'est un dialogue transparent" a déclaré dimanche le président du Conseil européen, Charles Michel, dans une interview accordée à plusieurs médias français, à propos des raisons des retards de livraison des vaccins contre le Covid annoncés par AstraZeneca et Pfizer. "Il est certain (…), que nous entendons faire respecter les contrats qui ont été validés par les entreprises pharmaceutiques", a-il affirmé."On voit que l'on doit se retrousser les manches et batailler pour avoir la clarté sur les raisons pour lesquelles parfois des retards ont été annoncés", a-t-il poursuivi. "Mais quand les retards de plusieurs semaines ont été annoncés par Pfizer, on a vu que nous avons réagi fermement, on a tapé du poing sur la table et finalement les retards annoncés de plusieurs semaines se sont réduits".

Profond mécontentement en Europe

Cette annonce a immédiatement suscité "le profond mécontentement" de la Commission européenne et des Etats membres, a indiqué sur Twitter la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides, en insistant sur "un calendrier de livraison précis".

"Une très très mauvaise nouvelle", a déploré pour sa part le ministre autrichien de la Santé Rudolf Anschober. "Nous ne sommes pas disposés à l'accepter et on se battra" pour que les livraisons soient "rattrapées le plus vite possible", a-t-il dit. Selon lui, l'Autriche ne devrait recevoir en février que "340.000 doses" du vaccin d'AstraZeneca, contre 650.000 initialement attendues.

La Lituanie a quant à elle chiffré à 80% la réduction des doses de vaccins AstraZeneca qu'elle escomptait pour le premier trimestre. "Cela va perturber nos plans" de vaccination, a pour sa part déclaré le Premier ministre irlandais Micheal Martin, qui a dit s'attendre à une "discussion franche" entre la Commission européenne et AstraZeneca dans les prochains jours.

L'UE a signé au total six contrats pour des vaccins avec des laboratoires pharmaceutiques et est en discussion avec deux autres, pour plus de 2,5 milliards de doses potentielles.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés