Les Suisses renvoient les criminels, pas les grosses fortunes

Les Suisses ont refusé à une large majorité la mise en place d'un seuil minimum d'impôt pour les plus riches, réclamé par le Parti socialiste, en guerre contre la concurrence fiscale que jouent certains cantons pour attirer les grosses fortunes.

La Suisse se prononçait dimanche sur deux initiatives populaires à forte portée symbolique, le renvoi automatique des criminels étrangers, un an après le vote décrié sur les minarets et un projet d'"impôts équitables" dans un pays considéré comme un havre fiscal.

Ils ont refusé la mise en place d'un seuil minimum d'impôt pour les plus riches. Selon les résultats définitifs, les 26 cantons helvétiques ont dit non à 58,5% à l'initiative du PS "Pour des impôts équitables", contre 41,5% de oui.

Le parti de gauche réclamait l'instauration d'un seuil minimum de 22% d'impôt sur la tranche de revenu imposable (net) dépassant 250.000 francs suisses (187.000 euros) pour une personne seule. L'initiative demandait également 0,5% supplémentaire sur les grandes fortunes imposables de plus de 2 millions de francs.

Dans le pays considéré comme un havre fiscal, la gauche a subi un double revers dimanche en voyant son projet débouté alors que l'initiative de l'UDC, le parti de droite populiste, en faveur du durcissement de la politique de renvoi des criminels étrangers passait la rampe haut la main.

En revanche, les Suisses ont approuvé l'initiative de la droite populiste sur l'expulsion automatique de criminels étrangers, un vote qui suscite déja de vives réactions d'indignation, un an après l'interdiction de construction des minarets.

Selon un décompte des voix définitif dans les 26 cantons de la Confédération, le oui en faveur du durcissement de la politique de renvoi pour les criminels étrangers l'emporte avec 52,9% des voix contre 47,1% de non.

Le contre-projet présenté par le gouvernement a quant à lui été repoussé à 54,2%.

Seuls les électeurs de cantons essentiellement francophones dont Genève, le Jura, Bâle-Ville, Fribourg, Vaud et Neuchâtel, ont dit non au tour de vis réclamé par le parti de droite dure, l'UDC.

Le renvoi des criminels étrangers est déjà possible en Suisse sous certaines conditions mais le texte proposé par l'UDC va plus loin en proposant un retrait automatique du droit de séjour des étrangers inculpés sans prendre en compte la gravité des délits, le renvoi fonctionnant autant pour des crimes graves que pour les cas d'"abus de l'aide sociale".

Le vote a été immédiatement qualifié de "journée noire pour les droits humains en Suisse" par Amnesty International.

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