Les Verts européens veulent la présidence du Parlement ou le poste de Haut représentant

©BELGA

Les Vingt-huit, en sommet jeudi et vendredi, discuteront des noms de ceux et celles qui dirigeront les principales institutions européennes. Le PPE et les libéraux sont en tête pour décrocher la présidence de la Commission et du Conseil. Les Verts, qui ont gagné 23 députés, n'iront pas dans une majorité européenne pour faire de la figuration. Ils visent la présidence du Parlement européen ou le poste de Haut représentant aux Affaires étrangères.

Le "House of Cards" pour diriger l'Union européenne arrive à son apogée, sans que l'on sache quand le rideau tombera. La zone d'incertitude n'a jamais été aussi étendue après des élections européennes.

Un sommet européen prévu jeudi et vendredi sera consacré à l'attribution de la présidence de la Commission européenne, du Conseil, du Parlement, de la BCE et du Haut représentant aux Affaires étrangères.

Le 28 mai, lors d'un sommet informel au lendemain des élections, les Vingt-huit ont donné mission au président du Conseil Donald Tusk de mener des négociations durant vingt jours et de revenir avec une liste de noms pour chaque poste. Les trois premiers partis, démocrates-chrétiens (PPE), socialistes (S&D) et libéraux ("Renew Europe", RE), ont délégué chacun deux dirigeants pour tenter d'aboutir à un accord.

Les "Six" ont échoué à se mettre d'accord. La désignation des candidats à ces postes de haut niveau pourrait être reportée à un sommet extraordinaire, fin juin, juste avant l'installation du nouveau Parlement européen. Le feuilleton devrait se terminer à la mi-juillet, sans quoi une nouvelle crise, institutionnelle cette fois, menacera l'Union.

Les Verts veulent des responsabilités

Les écologistes, comme l'extrême droite, sont les seuls partis européens à avoir gagné des députés. Avec 75 élus, ils ont atteint une masse critique qui leur permet de revendiquer des postes à responsabilité. Mais la lutte sera serrée. Comme ils ne comptent aucun dirigeant dans les 28 États membres, ils sont absents du Conseil européen. 

Les Verts ont été invités par Manfred Weber, le chef de file du PPE, à participer aux négociations pour former une majorité à quatre au Parlement européen. Techniquement, le PPE, le S&D et RE ont assez de sièges pour former une majorité absolue. Toutefois, une quadripartite serait plus solide pour mener les réformes essentielles et affronter l'extrême droite.

Le PPE, premier parti d'Europe malgré la perte de 37 élus, reste le maître du jeu. "Il promet actuellement monts et merveilles aux groupes politiques qui soutiendront la désignation d'un président de la Commission démocrate-chrétien, sans que l'on sache s'il s'agit de soutenir Manfred Weber ou une autre candidature", explique une source européenne.

Weber s'accroche

Margrethe Vestager, candidate des libéraux à la présidence de la Commission ©EPA

Manfred Weber, le "spitzenkandidat" du PPE, ne lâche rien, malgré la volonté évidente du président français Emmanuel Macron de l'évincer au profit de la libérale Margrethe Vestager ou de Michel Barnier (PPE). Il verrait même d'un bon oeil l'arrivée d'Angela Merkel à la tête de l'exécutif européen, le poste le plus puissant d'Europe. 

Les Verts acceptent de participer à la quadripartie en échange d'une prise en compte des matières climatiques et environnementales dans le programme pour les cinq années à venir. Mais ils ne sont pas dupes. Ils veulent aussi des responsabilités. 

"Nous visons la présidence du Parlement européen ou le poste de Haut représentant aux Affaires étrangères", confie Philippe Lamberts, le coprésident des Verts, sans en dire plus sur les négociations en cours.

Le programme pour les cinq années à venir sera discuté ce mardi lors de la conférence des présidents de parti européen. Nul doute que l'attribution des sièges pèsera dans la balance. 

Les socialistes ne sont pas très clairs sur les ambitions à la tête des institutions européennes. Le président du groupe S&D devant être choisi ce mardi, on pourrait en savoir plus après la désignation du successeur de l'Allemand Udo Bullmann, les socialiste espagnols étant les plus cités. 

Verhofstadt rêve de perchoir

Guy Verhofstadt ©EPA

Manfred Weber veut à tout prix la présidence de la Commission, à tel point qu'il aurait promis au chef de file sortant des libéraux (ex-ALDE), Guy Verhofstadt, la présidence du Parlement européen.

Un accord entre les deux hommes, que personne ne confirme, permettrait d'aplanir le conflit entre démocrates-chrétiens et libéraux. Mais il n'est pas certain qu'Emmanuel Macron, épine dorsale de Renew Europe, le nouveau groupe des libéraux, ait aussi ce scénario en tête. 

Merkel se fait désirer

Manfred Weber et Angela Merkel ©Sven Hoppe/dpa

L'obstacle inattendu à l'accession de Weber à la tête de la Commission pourrait être la chancelière allemande. Angela Merkel doit quitter son poste de chancelière dans les deux années à venir. Elle pourrait le faire plus tôt, ce qui rendrait service à sa dauphine Annegret Kramp-Karrenbauer, dite "AKK", qui souffre dans l'ombre de la chancelière.

Angela Merkel a tout pour devenir la figure emblématique de l'Union, soit en prenant la présidence de la Commission européenne, soit celle du Conseil. Officiellement, elle n'est candidate à rien. "Mais les défis, comme le Brexit et la montée de l'europhobie, sont tels que de nombreuses voix s'élèvent pour voir la chancelière, expérimentée et reconnue internationalement, prendre la tête de l'Union. Plutôt que d'y voir un profil inconnu", dit une source européenne. 

Si Angela Merkel prend la tête du Conseil, il se dit que Margrethe Vestager serait la prochaine présidente de la Commission. La présidence du Parlement et le poste de Haut représentant pourraient alors échoir aux socialistes et aux Verts. Mais il est encore trop tôt pour émettre la moindre hypothèse viable

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect