Les Vingt-Sept d'accord pour coordonner les restrictions anti-Covid

Des policiers hongrois contrôlent les véhicules à la frontière autrichienne. Budapest a fermé ses frontières en réaction à une hausse du nombre d'infections, réveillant de nouvelles craintes pour l'intégrité de l'espace Schengen. ©AFP

Les ambassadeurs de l’Union européenne se sont accordés ce mercredi pour travailler à une coordination des mesures de restriction liées à la pandémie.

Les Vingt-Sept se sont accordés mercredi pour avancer sur le chemin de la coordination des mesures sanitaires, après un été marqué par un fatras de mesures unilatérales en dehors de toute grille de fonctionnement commune.

"Il y a un accord parmi les ambassadeurs sur le fait qu'il y a un intérêt commun à une coordination plus étroite dans l'UE."
Un diplomate européen

"Il y a un accord parmi les ambassadeurs sur le fait qu'il y a un intérêt commun à une coordination plus étroite dans l'UE", indiquait une source diplomatique à l'issue de la réunion de rentrée des représentants permanents des États membres au Conseil de l'Union européenne (Coreper). En début de semaine, Paris et Berlin avaient chacun marqué leur volonté de tendre vers une forme d'harmonisation des mesures sanitaires. La réunion de mercredi acte une volonté commune, même si les Vingt-Sept doivent encore préciser jusqu'où ce travail pourrait les mener.

Données et communication

Les discussions se poursuivront lundi dans le groupe de travail en charge de la réaction de l'UE en cas de crise (IPCR). Il se concentrera dans un premier temps sur deux aspects: les questions de comparabilité des données épidémiologiques et de communication, tant entre États qu'envers les citoyens.

Aujourd’hui, pour décider des restrictions à appliquer aux personnes revenant de l’étranger, certains gouvernements analysent les données épidémiologiques au niveau local, d’autres au niveau du pays dans son ensemble. Pour évaluer le risque, certains se réfèrent uniquement au taux d’incidence (nombre de cas sur la semaine pour cent mille habitants), d’autres s’appuient sur le taux de tests, voire combinent une série de chiffres. Pour signaler les zones à risques, certains pays – comme la Belgique – utilisent un système à trois feux (vert, orange, rouge), d’autres en ont quatre, ou deux, voire pas du tout. Autant de points qui pourraient entrer dans les deux cases identifiées par les ambassadeurs.

Avant la réunion, la présidence allemande du Conseil avait identifié dans une note libre ("non paper") d'autres objets de coordination potentiels, de facto écartés de la discussion à ce stade. Peut-on s'accorder sur un cadre commun de définition des zones à risques? Le cas échéant, une zone qui serait considérée comme "à risques" devrait-elle actionner un éventail de mesures définies de concert? Quant aux voyageurs qui reviennent de ces zones, devraient-ils partout subir les mêmes restrictions? "L'idée, c'est d'avancer sur les données et la communication, mais il n'est pas exclu que d'autres points reviennent plus tard", indique une source européenne.

Réponse cohérente "cruciale"

Au sein de l’Union européenne chaque État mène la politique sanitaire qu’il entend, sans qu’un système de référentiels communs n’apporte de cohérence à ces décisions. Avec comme résultat un manque de lisibilité et parfois des tensions entre autorités - comme quand le président du département français de la Mayenne dénonçait la "stigmatisation" de sa région par la décision belge de la faire passer en zone rouge.

Il est de la responsabilité de chaque État de prendre les mesures sanitaires qu'il juge nécessaires, mais "une réponse cohérente est cruciale pour éviter une approche fragmentée (…) mais aussi pour préserver l'intégrité de l'espace Schengen", soulignait la note de la présidence allemande, dont L'Echo a pu prendre connaissance. Les craintes pour cette intégrité ont été ravivées par la décision de la Hongrie de fermer ses frontières le 1er septembre en réaction à une hausse du nombre d'infections.

Cette tentative de coordination intergouvernementale ne fait que commencer et ne devrait pas aboutir avant plusieurs semaines au mieux.

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