Les Vingt-sept espèrent adopter le plan de relance européen en juillet

Charles Michel présidait vendredi un sommet virtuel entre les 27 chefs d'État ou de gouvernement européen sur la relance de l'économie et le prochain budget de l'Union – un paquet de 1.850 milliards d'euros. ©EPA

Les dirigeants européens étaient réunis vendredi pour discuter d'un paquet de 1.850 milliards d'euros incluant le plan de relance conséquemment à la crise du Covid-19, ainsi que du prochain budget à long terme de l'Union. Les divergences restent fortes, mais les Vingt-sept, poussés par l'urgence, espèrent conclure pour la fin juillet.

"Il est essentiel d'arriver à une décision le plus rapidement possible", a résumé le président du Conseil européen, Charles Michel, vendredi, après le sommet par vidéoconférence entre les 27 chefs d'État ou de gouvernement de l'Union européenne (UE).

"On va passer à la phase de négociation et je ferai des propositions concrètes pour arrêter une décision."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Les dirigeants se sont entretenus sur deux propositions de la Commission européenne, formant désormais un seul paquet de 1.850 milliards d'euros à négocier. Le plan "Net Generation EU" de 750 milliards d'euros pour relancer l'économie européenne et le cadre financier pluriannuel (CFP), le budget à long terme de l'UE (2021-2027), d'un montant de 1.100 milliards. "On va passer à la phase de négociation et je ferai des propositions concrètes pour arrêter une décision", a dit Charles Michel, devant une salle de presse vide. Le président du Conseil espère arriver à un accord d'ici "la fin du mois de juillet". Pour y parvenir, il convoquera pour la mi-juillet un sommet européen physique, le premier depuis le début de la crise du coronavirus. Les dirigeants espèrent y négocier de manière plus efficace que par vidéoconférence.

"Time is money"

"Il y a convergence sur le fait qu'il faut un accord au mois de juillet et qu'il faut avancer vite pour trouver une solution à la crise."
Sophie Wilmès
Première ministre belge

Le sens de l'urgence était le dénominateur commun de la rencontre virtuelle. Les effets désastreux de la pandémie sur l'économie européenne semblent inciter les dirigeants à faire preuve de bonne volonté. "Il y a convergence sur le fait qu'il faut un accord au mois de juillet et qu'il faut avancer vite pour trouver une solution à la crise", a expliqué la Première ministre belge Sophie Wilmès, "J'ai insisté sur l'aspect temps, car "time is money", c'est d'autant plus vrai que, si l'Europe ne trouve pas de réponse rapidement, nous en subirons les conséquences".

Mais, dans les faits, les lignes n'ont pas bougé durant la discussion. "Les positions divergentes n'ont pas évolué depuis le sommet de février", confie un diplomate européen.

Quatre pays, les "frugaux" (Pays-Bas, Danemark, Autriche, Suède) font de la résistance sur les montants négociés et la durée du plan d'aide. Ils réclament aussi un durcissement des critères d'allocation des aides qui seront octroyées au pays les plus en difficultés. Ces contributeurs nets veulent également maintenir les rabais à leur participation au budget de l'Union européenne, une pratique héritée de l'ère Thatcher.

La conditionnalité de l'aide, ce qui est demandé aux États en échange, pose aussi problème. Face aux "frugaux", les pays du sud de l'Europe souhaitent un budget plus ambitieux.

Moteur franco-allemand

Sophie Wilmès a insisté sur la "convergence" entre les deux blocs. "On ne sent plus une polarisation des points de vue comme en février, on est dans une dynamique positive pour arriver à un compromis", a-t-elle indiqué. Reste à voir si les "frugaux" l'entendront de cette manière en juillet.

L'un des piliers de cette dynamique réside dans la volonté du moteur franco-allemand d'aboutir à un accord avant l'été. Le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel sont apparus soudés derrière la proposition de la Commission.

Le principe d'une dette commune "n'a été remis en cause pas personne."
Angela Merkel
Chancelière allemande

Le plan de relance de 750 milliards d'euros, validé par Berlin et Paris, est une révolution dans l'histoire de l'Europe puisqu'il prévoit, pour la première fois, que la Commission emprunte l'argent sur les marchés. Le principe d'une dette commune "n'a été remis en cause par personne", a indiqué Angela Merkel à la fin du sommet.

Pour financer ce plan, la Commission souhaite, entre autres, introduire de nouvelles ressources, une taxe sur les plastiques, une taxe sur le carbone aux frontières et un impôt sur les grandes entreprises.

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