Les Vingt-Sept relancent l'Europe sociale pour contrer les dégâts de la pandémie

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil, Charles Michel, réunis au sommet social de Porto. ©REUTERS

Les dirigeants européens, réunis à Porto, veulent s'engager pour une économie plus inclusive, dans une Europe marquée par les dégâts causés par la pandémie. Pour le rapporteur de l'ONU Olivier De Schutter, les objectifs sont insuffisants.

Les 27 dirigeants de l'Union européenne sont réunis vendredi et samedi à Porto pour reconstruire une économie plus sociale dans une Europe sonnée par la pandémie de coronavirus et la récession. En un an, la crise sanitaire a tué plus de 700.000 personnes en Europe, forcé la fermeture de dizaines de milliers d'entreprises et ralenti l'activité économique.

"Nous avons réuni pour la première fois toutes les parties prenantes, c'est historique."
Un porte-parole de la présidence portugaise

Le sommet social a commencé vendredi par une conférence entre les représentants des travailleurs, des employeurs et les dirigeants européens. "Nous avons réuni pour la première fois toutes les parties prenantes, c'est historique", dit un porte-parole de la présidence portugaise de l'UE.

Les Vingt-Sept, dont c'est la première réunion en présentiel depuis plusieurs mois, doivent adopter samedi un plan d’action sur le socle européen des droits sociaux. Le texte, proposé en mars par la Commission, fixe trois objectifs clés d'ici à 2030. Augmenter à 78% le taux d'emploi, former chaque année au moins 60% des adultes et réduire le nombre de personnes menacées de pauvreté et d'exclusion sociale de 15 millions.

15
millions de personnes
Le plan d'action sur le socle européen des droits sociaux propose de réduire le nombre de personnes menacées de pauvreté et d'exclusion sociale de 15 millions, dont au moins 5 millions d'enfants.

Les chefs d'État ou de gouvernement doivent adopter une déclaration sur la reprise inclusive, dont le contenu sera finalisé par le président du Conseil européen Charles Michel.

Lors d'un dîner vendredi soir, les dirigeants devaient prendre position sur la suspension des brevets vaccinaux soutenus par le président des États-Unis Joe Biden. L'Allemagne maintient ses réticences à l'égard d'une levée des brevets. La Belgique se dit ouverte à la discussion.

Réduire l'inégalité des genres

"Un large consensus s'est dégagé sur un objectif majeur: réduire l'inégalité des genres. Nous voulons accroître les efforts pour diminuer les discriminations et mettre fin aux différences de traitement", a précisé un haut responsable européen.

"Rien ne contraint les États membres de l'UE à respecter ces nouveaux engagements."
Olivier De Shutter
Rapporteur spécial de l'ONU sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme.

Mais la formulation reste vague, les Européens étant divisés sur la question. Vendredi, la Pologne et la Hongrie, aux mains de partis conservateurs, sont parvenues à retirer de la déclaration des Vingt-Sept l'idée de "promouvoir de l'égalité des genres" pour la remplacer par "promouvoir l'égalité".

"C'est insuffisant"

Les objectifs fixés dans le plan d'action restent, aux yeux de nombreux experts, insuffisants, en particulier en matière de pauvreté.

"Avec plus de 90 millions de personnes et près de 20 millions d'enfants menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale dans l'Union, ce nouvel objectif manque clairement d’ambition. C'est insuffisant. Nous sommes loin de la promesse de zéro pauvreté du premier Objectif du développement durable", estime Olivier De Shutter, le rapporteur spécial des Nations unies sur l'extrême pauvreté et les droits de l'homme.

Le résumé

  • Les dirigeants européens et les partenaires sociaux sont réunis à Porto pour tenter de relancer l'Europe sociale.
  • Les Vingt-Sept doivent adopter samedi un plan d’action sur le socle européen des droits sociaux. Le texte fixe trois objectifs clés d'ici à 2030. Augmenter à 78% le taux d'emploi, former chaque année au moins 60% des adultes et réduire le nombre de personnes menacées de pauvreté et d'exclusion sociale de 15 millions, dont au moins 5 millions d'enfants.
  • Pour le rapporteur de l'ONU Olivier De Schutter, ces objectifs sont insuffisants.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés