L'Europe veut accélérer la campagne de vaccination contre le Covid-19

Un employé au travail sur une ligne d'empaquetage de Pfizer, à Puurs. ©AFP

Alors que les 27 dirigeants de l'UE discuteront ce jeudi de la lutte contre la pandémie, la Belgique et quatre autres États proposent de créer "un pilotage stratégique" de la production de vaccin.

C'est devenu un rituel depuis le début de la pandémie de Covid-19, les dirigeants de l'Union européenne se réunissent chaque mois par visioconférence pour discuter de l'évolution de la crise sanitaire. Ce jeudi, les Vingt-Sept tenteront de déterminer comment améliorer la campagne de vaccination contre le coronavirus, alors que de nouveaux retards sont à craindre dans la livraison des doses commandées.

Accélérer les vaccinations

"Notre priorité est d’accélérer les vaccinations dans toute l’UE. Cela signifie accélérer le processus d'autorisation des vaccins, ainsi que leur production et leur livraison", dit le président du Conseil européen Charles Michel dans sa lettre d'invitation aux dirigeants. "Cela implique également de s'assurer que les livraisons de vaccins sont prévisibles et que les sociétés pharmaceutiques respectent leurs engagements."

"Notre priorité est d’accélérer les vaccinations dans toute l’UE. Cela signifie accélérer le processus d'autorisation des vaccins, ainsi que leur production et leur livraison."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Selon l'agence Reuters, le groupe pharmaceutique AstraZeneca ne devrait livrer que la moitié des 180 millions de doses prévues au deuxième trimestre, alors qu'il a déjà accusé du retard dans ses livraisons depuis le début de l'année. AstraZeneca a répliqué qu'il ferait tout pour respecter ses engagements, mais pour cela, il devra recourir à des sites "hors UE".

Les Vingt-Sept examineront la proposition de la Commission de créer un programme, HERA Incubator, pour aider les industriels à développer des vaccins contre les variants, sur le modèle américain de la Barda.

Cinq États, dont la Belgique, estiment que les choses ne vont pas assez vite. Ils ont écrit une lettre au président du Conseil pour demander d’accroître la production de vaccin en Europe. "Nous devons de toute urgence intégrer et piloter stratégiquement notre chaîne de valeur pour renforcer nos capacités de production de vaccins en Europe", écrivent-ils notamment.

Maintien des restrictions aux frontières

Les dirigeants européens devraient convenir de maintenir les restrictions aux déplacements non essentiels à l'intérieur de l'UE afin de limiter la propagation des variants du Covid-19. Le combat contre la pandémie "reste difficile en raison de l'émergence de nouvelles variantes et de la nécessité de trouver le juste équilibre entre les restrictions et la fluidité de la circulation des biens et des services dans le marché unique", estime Charles Michel.

Six États (Belgique, Danemark, Finlande, Allemagne, Hongrie et Suède) ont été rappelés à l'ordre par la Commission européenne pour avoir pris des mesures de contrôles aux frontières trop strictes. Le commissaire chargé de la Justice, Didier Reynders, leur a adressé une lettre demandant d'alléger ces mesures.

La Belgique, qui a interdit les voyages non essentiels, est sommée de revenir sur sa décision pour la fin du mois de mars. Le gouvernement belge devrait prendre une décision vendredi.

L’urgence d’attendre sur les "passeports"

Les certificats de vaccination sont aussi à l’agenda des Vingt-Sept: un point hautement sensible, mais sur lequel l'appétit d'avancer est très inégalement réparti. Les Vingt-Sept avaient déjà lancé en janvier les travaux techniques pour élaborer un formulaire européen d’attestation de vaccination. Ils s'étaient bien gardés d’en définir les utilisations, et il n'y a pas de consensus pour aller plus loin à ce stade.

Au grand dam de pays comme la Grèce, qui voudraient voir ces futurs certificats utilisés comme documents de voyage – "passeports" – pour sauver leur saison touristique estivale. En début de semaine encore, le ministre grec du tourisme a appelé à accélérer sur le sujet, dénonçant l’attitude "de courte vue" des États membres qui estiment au contraire qu’il est urgent d’attendre avant d'aller plus avant.

D’abord, souligne ce diplomate, parce que les données manquent sur la durée d'immunité qu'offrent les vaccins. Ensuite, parce qu’ouvrir des droits à certains citoyens alors que tous ceux qui souhaitent se faire vacciner n'en ont pas encore eu la possibilité pose un problème politique et juridique. "C'est difficile d'en parler quand 5% de la population est vaccinée, ça rend les gens nerveux, ça donne un parfum d'inégalités", souligne cet autre diplomate sous couvert de l’anonymat.

L'utilité dès lors d'avoir remis le point à l'agenda? "Il est important d'envoyer le signal que nous y travaillons au niveau technique", indique ce troisième diplomate. En attendant, la Grèce a pris les devants: elle a déjà signé un accord avec Israël et est en négociation avec le Royaume-Uni pour autoriser les voyages sur présentation d’une carte de vaccination.

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