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Libéraux, Verts et socialistes pressent la Commission européenne de sanctionner Orban

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen lors du débat sur la Hongrie, mercredi à Strasbourg. ©EPA

Libéraux, Verts et sociaux-démocrates ont pressé la Commission von der Leyen d'agir contre les violations des valeurs européennes en Hongrie. Du côté du Parlement, la passivité de l'exécutif européen commence à agacer.

Quand Guy Verhofstadt est fâché, les murs du Parlement européen s'en souviennent. Mercredi, lors d'un débat sur l'État de droit en Hongrie et en Pologne durant la session plénière à Strasbourg, l'eurodéputé belge a sommé la Commission européenne de se prononcer sur la suspension, ou non, du plan de relance et de résilience hongrois.

Depuis la veille, le flou le plus intégral circulait sur cette question. La presse allemande affirmait que l'exécutif européen avait suspendu ce plan de 7,2 milliards d'euros en raison d'actes de corruption menés par le régime du Premier ministre Viktor Orban (Fidesz).

"Nous devons être au courant, si le plan de relance de la Hongrie est suspendu. C'est quand même une nouvelle énorme."
Guy Verhofstadt
Eurodéputé libéral (RE, Open Vld)

"Ce que dit la presse allemande est-il vrai? Nous devons être au courant, si le plan de relance de la Hongrie est suspendu. C'est quand même une nouvelle énorme!", a tonné Verhofstadt, rouge de colère, à la tribune de l'hémicycle.

Les libéraux réclament cette suspension depuis plusieurs semaines sur base d'allégation de fraudes provenant de l'OLAF, l'office européen de lutte antifraude. "Nous n'avons aucune garantie que l'argent de la relance profitera aux citoyens hongrois. La corruption du régime d'Orban est systémique", a surenchéri le président de Renew Europe, Dacian Ciolos.

Guy Verhofstadt a demandé la clarté sur le plan de relance hongrois. ©AFP

En réponse, ce fut la douche froide. "Il n'est pas question d'interrompre ce versement, le processus est en cours. (...) La presse allemande a tort", a tranché la vice-présidente de la Commission Vera Jourova.

La Commission se prononcera sur le plan de relance hongrois le 12 juillet, comme elle l'a fait pour une douzaine d'autres États, dont la Belgique.

7,2
milliards d'euros
La Commission doit se prononcer le 12 juillet sur le plan de relance de la Hongrie, de 7,2 milliards.

Cet incident est révélateur du fossé existant entre les appels des parlementaires au respect des règles européennes et la "realpolitik" menée par la Commission.

Orban attaqué de toutes parts

La Hongrie était au cœur des débats pour de multiples raisons, en plus des allégations de fraude. En cause, la loi anti-LGBT adoptée par son parlement, qui fut l'occasion d'un recadrage d'Orban lors du dernier sommet européen.

Libéraux, écologistes, sociaux-démocrates (S&D) ont chargé le gouvernement Orban. Les démocrates chrétiens (PPE) ont suivi, avec moins de conviction.

"Si la Hongrie ne corrige pas le tir, la Commission fera usage des pouvoirs qui lui sont conférés."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen a ouvert le feu. "Cette loi est une honte. Un prétexte pour discriminer les personnes homosexuelles", a-t-elle déploré. "Si la Hongrie ne corrige pas le tir, la Commission fera usage des pouvoirs qui lui sont conférés." L'exécutif européen se prépare à lancer une procédure en infraction contre la Hongrie devant la Cour de Justice européenne.

L'Allemande a aussi brandi la règle de la conditionnalité, qui permet à la Commission de suspendre le versement des aides à un pays qui ne respecte pas l'État de droit. "Ce n'est pas une menace abstraite", a-t-elle averti.

"De grâce montrez-nous des actions. Je sais que vous en proposez beaucoup, mais à un moment, il faut agir."
Philippe Lamberts
coprésident des Verts européens

Le coprésident des Verts européens, Philippe Lamberts, est monté au créneau. "De grâce, montrez-nous des actions. Je sais que vous en proposez beaucoup, mais à un moment, il faut agir", a lancé le Belge à l'adresse de la Commission.

"La loi hongroise doit être abrogée, c'est une honte. En Europe, toute personne a les mêmes droits, les mêmes chances, quelque soit l'être aimé", a dit la cheffe de file du S&D, Iratxe Garcia Perez.

Il était aussi question de la procédure de l'article 7 du Traité en violation de l'État de droit lancée contre la Hongrie en 2018 qui pourrait aboutir à la suspension de son droit de vote au Conseil européen.

Verhofstadt a pressé la Commission d'agir. "L'article 7 a été lancé par ce Parlement il y a 3 ans. C'est vraiment une honte que la seule chose que vous puissiez faire est de dire 'on y reviendra'. Ce n'est pas suffisant'", a-t-il dit.

Le résumé

  • Les eurodéputés ont mis la pression sur la Commission européenne pour qu'elle suspende le plan de relance de la Hongrie et sanctionne le gouvernement Orban pour les violations répétées de l'État de droit, en particulier une loi anti-LGBT adoptée récemment par le Parlement hongrois.
  • La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a menacé la Hongrie d'une action en infraction.
  • Pas question, en tout cas pour l'instant, de suspendre le plan de relance de la Hongrie. Un flou régnait sur cette suspension en raison de rumeurs dans la presse allemande.

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