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Macron accepte la démission du ministre de l'Intérieur français

Le président Macron "conserve toute son amitié à l'égard de Gérard Collomb", mais trouve regrettable que le ministre de l'Intérieur se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner. ©AFP

Gérard Collomb est une nouvelle fois revenu à la charge pour exprimer son désir de quitter le gouvernement français. Le président Macron dit prendre acte de cette décision et charge son Premier ministre de trouver un successeur au ministre de l’Intérieur.

La situation est quelque peu surréaliste. Ce lundi, Gérard Collomb présentait sa démission au président Macron. Dans la foulée, la requête du ministre de l’Intérieur a été refusée par Emmanuel Macron. Le lendemain, le ministre Collomb revenait à la charge en maintenant sa demande de quitter le gouvernement pour replonger dans la vie politique locale à la ville de Lyon. Et la deuxième tentative fut la bonne: Gérard Collomb a arraché ce mardi sa démission en forçant la main d'Emmanuel Macron, qui recevra "rapidement" des propositions du Premier ministre, Edouard Philippe, pour le remplacer.

Le ministre de l'Intérieur a motivée sa nouvelle demande de démission par la clarté due aux Français et aux Lyonnais, dont il veut à nouveau briguer la mairie en 2020.

Cette annonce, dans un entretien publié sur le site internet du Figaro, a pris de court le chef du gouvernement, en pleine séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Le Premier ministre a alors pris la parole pour déclarer qu'il proposerai à Emmanuel Macron "les décisions qui s'imposent".

"Le président conserve toute son amitié à l'égard de Gérard Collomb", a-t-on déclaré dans l'entourage d'Emmanuel Macron. "Il trouve regrettable que Gérard Collomb se soit mis dans la situation le conduisant à devoir démissionner. Il recevra rapidement les propositions du Premier ministre", a-t-on ajouté. Quelques minutes avant la publication de l'entretien, Edouard Philippe avait répliqué aux piques de l'opposition sur un ministre de l'Intérieur "déjà à l'extérieur du gouvernement", en balayant une "petite polémique". "C'est ce que nous faisons pour garantir la sécurité des Français qui compte", avait-il ajouté.

Maire de Lyon de 2001 à 2017, Gérard Collomb explique au Figaro qu'"aujourd'hui, compte tenu des rumeurs et des pressions qu'il peut y avoir, je ne veux pas que le fait que je sois candidat quelque part demain puisse troubler la marche du ministère de l'Intérieur." "Il faut une clarté vis-à-vis de nos concitoyens et une clarté vis-à-vis des Lyonnais, donc je maintiens ma proposition de démission", ajoute-t-il. "J'ai pris énormément de joie à être à la tête de ce ministère", déclare-t-il encore.

La démission de trop?

Soutien de la première heure d'Emmanuel Macron, Gérard Collomb apparaît depuis deux semaines comme une épine dans le pied pour un exécutif en pleine opération reconquête à huit mois des élections européennes.

Il y a deux semaines, Gérard Collomb avait lui-même annoncé sa volonté de quitter le gouvernement après les élections européennes du 26 mai afin de se consacrer aux municipales. Bien qu'attendue - l'ancien élu socialiste n'ayant jamais fait mystère de son souhait de revenir à Lyon - cette candidature avait provoqué un flot de critiques dans les rangs de l'opposition mais également parmi les syndicats policiers qui ont dénoncé un "ministre à mi-temps".

L'Elysée a rappelé mardi matin que le chef de l'Etat avait déclaré qu'il procéderait à un changement d'équipe "au moment voulu" et n'avait pas souhaité faire d'autre commentaire. Mais moins d'un mois après les démissions surprises de Nicolas Hulot et Laura Flessel, le "cas Gérard Collomb", qui s'est interrogé ouvertement sur "un manque d'humilité" au sommet de l'Etat, pourrait compliquer la donne pour l'exécutif à l'heure où ce dernier tente de tourner la page des accusations d'"arrogance".

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