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Macron durcit le ton sur la vaccination face au variant Delta

Le président Emmanuel Macron va rendre obligatoire la vaccination pour le personnel soignant. Il n’écarte pas la réforme des retraites, mais seulement "dès que les conditions sanitaires seront réunies". ©REUTERS

En France, alors que les contagions liées au variant indien sont en hausse, le chef de l'État va rendre la vaccination obligatoire pour le personnel soignant. L'étau se resserre également pour l'ensemble des Français.

À peine sortie du reconfinement, la France s'apprête à vivre un vrai tour de vis sanitaire. Alors que le très contagieux variant Delta gagne l'Europe, l'hexagone n'est en rien épargné. Si la pression hospitalière baisse, la tendance des contaminations est à la hausse, avec 4.256 nouveaux cas enregistrés dimanche 11 juillet contre 2.549 il y a une semaine. De même que les pronostics se font de plus en plus alarmistes. Si rien n'est entrepris, "à taux de croissance constant, on aurait 14.800 cas le 1ᵉʳ août et 63.000 le 24 août", prévient le fondateur du site Covid Tracker que suit attentivement l'Élysée.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron a cette fois décidé de rendre la vaccination obligatoire pour les soignants et les non soignants au contact des personnes âgées ou fragiles. Le projet de loi sera transmis au Conseil d'État dès ce mardi et entrera en vigueur en septembre avec des sanctions à la clé. 

Le nombre de contaminations pourrait monter « au-dessus de 20 000 début août si nous n’agissons pas », a mis en garde Olivier Véran, le ministre de la Santé français dimanche 11 juillet.

Pass sanitaire obligatoire

Autre levier - qui ne fait pas consensus - est l'extension du pass sanitaire qui s'appliquera dès le 21 juillet pour accéder aux festivals et aux parcs. Dès le début du mois d'août, le pass sanitaire sera obligatoire dans les cafés, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux, maisons de retraite, mais aussi dans les avions, les trains et cars pour les longs trajets. Les tests PCR seront payants dès cet automne.

"Seuls les vaccinés et les personnes testées négatives pourront accéder à ces lieux qu'ils soient clients, usagers ou salariés", a-t-il insisté. "Nous devrons sûrement nous poser la question de la vaccination obligatoire pour toute la population", a confirmé le président. "Mais je fais le choix de la confiance et j'appelle tous les Français à aller se faire vacciner au plus vite. 9 millions de doses vous attendent. Faites-vous vacciner c'est la seule façon de vous protéger et de protéger les autres." 

"J'appelle tous les Français à aller se faire vacciner au plus vite."
Emmanuel Macron
Président français

Cette décision va dans le sens de nombre de politiques et médecins qui, depuis des semaines réclament la vaccination obligatoire pour tous. C'est le cas de Michel Barnier (Les Républicains) ou de François Bayrou, président du MoDem, de l'ex-ministre de la Santé Bernard Kouchner. Mais elle reste très impopulaire auprès d'une frange de la population qui refuse d'entrer dans cette marche forcée. Et ce, alors que certains scientifiques mettent en garde quant au manque de recul dans l'usage des technologies de ces vaccins.

9 millions
Selon Emmanuel Macron, 9 millions de doses "attendent les Français".

Bonne santé économique

À moins d'un an de l'élection présidentielle et freiné dans son élan par la résurgence de la pandémie, Emmanuel Macron a notamment insisté sur la reprise économique depuis un mois et le plan de relance de 100 milliards d'euros dont "le déploiement doit s'accélérer".

Contenue par l'alternance de périodes de fermeture et de réouverture, la croissance du PIB pourrait rebondir de l'ordre de 6% cette année, contre une chute de 8% l'an dernier, selon l'Élysée. "Le Covid a détruit près de 300.000 emplois depuis le début de l’année. Nous avons déjà recréé 187.000 emplois ce seul mois de mai", a vanté Emmanuel Macron. Dans ce contexte, il a confirmé que la réforme de l'assurance chômage serait "pleinement mise en œuvre" le 1ᵉʳ octobre. "On doit toujours bien mieux gagner sa vie en travaillant qu'en restant chez soi, ce qui n'est actuellement pas toujours le cas", a-t-il lâché. De même, il n'exclut pas de remettre sur les rails sa réforme des retraites une fois la pandémie sous contrôle. Ce qui n'est pas gagné...

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