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Macron fait des jeunes la priorité pour la relance

Le président Macron a assisté au défilé du 14 juillet sur les Champs Elysées ce mardi. ©Photo News

Le président français a fixé les grands axes des 600 jours de la fin de son quinquennat. Le cap reste le même mais la méthode change, avec plus de dialogue social.

L'interview présidentiel du 14 juillet. Emmanuel Macron avait souhaité dans un premier temps s'y soustraire. Mais circonstances obligent, entre sortie du confinement et entrée dans la crise sociale, le président français a jugé bon cette année de renouer avec cette tradition.

Interrogé par deux journalistes, il s'est donc livré, très longuement, sur les sujets clés des 600 jours qui restent avant la fin de son mandat. Avec, au menu, bien sûr, l'emploi. Et, plus particulièrement, celui des jeunes comme priorité des priorités. "Nous travaillons à la mise en œuvre d'un dispositif exceptionnel d'exonération des charges pour les jeunes, en particulier pour les faibles qualifications ou les emplois jusqu'à 1,6 smic. On va l'évaluer, mais il faut qu'il y ait cet élément d'accélération."

Ironie du sort, le président français renoue donc avec les emplois aidés que la gauche avait mis en place avant que lui-même ne les supprime. Il a d'ailleurs annoncé d'autres mesures, comme la création de "300.000 contrats d'insertion" ainsi que la possibilité pour les 700.000 jeunes sur le point d'entrer sur le marché du travail de "compléter leur formation, d'avoir un semestre ou une année d'études de plus". "On va ouvrir 200.000 places dans des formations qualifiantes supérieures pour permettre à un jeune qui n'a absolument aucune issue, aucune perspective d'embauche, de poursuivre un peu ses études", a-t-il détaillé.

900.000
chômeurs
L'Insee table sur 900.000 chômeurs de plus en France d'ici à la fin de l'année.

Plus globalement, le chef de l'État a jugé nécessaire de défendre les emplois qui pouvaient l'être tout en s'engageant vers la formation et la transition énergétique pour en créer d'autres. Il juge à ce titre "réalistes" les prévisions de l'Insee, tablant sur 900.000 chômeurs de plus d'ici à la fin de l'année en France. Raison de plus, selon lui, de défendre le dispositif de chômage partiel qui a touché près de 13 millions de Français. "C’était légitime parce qu'il y avait le feu à la maison, donc on n'a pas compté les seaux. Nous avons fait ce qu'aucun pays au monde n'a décidé." Des aides généreuses mais aussi coûteuses qu'Emmanuel Macron n'envisage pas de financer par des hausses d'impôts, y compris ceux des plus riches. "Au moment où on relance, on a besoin d'investisseurs", a-t-il insisté.

Le retour de la réforme des retraites

En dépit de ce contexte troublé, et alors que les syndicats estiment que ce n'est pas le moment, le chef de l'État s'est également entêté à poursuivre la réforme des retraites. Cette dernière "ne peut pas se faire comme elle était emmanchée avant la crise", a-t-il convenu en la justifiant par son caractère juste et nécessaire pour équilibrer le système: "Elle est faite pour celles et ceux qu'on a appelés les premiers de corvées. Les femmes et les hommes qui ont été en première ligne comme les caissières, les livreurs et les métiers modestes. Il y a aussi la meilleure prise en compte de leur période d'activité", a défendu Macron. À cette fin, le Premier ministre réunira les partenaires sociaux vendredi prochain, en vue de mettre en place un "calendrier partagé".

"Il y avait le feu à la maison, donc on n'a pas compté les seaux."
Emmanuel Macron
Président français

Questionné quant à la probabilité d'une deuxième vague épidémique, le président a confirmé que des signes tangibles étaient à surveiller. Mais cette fois, si la vague déferlait, la France serait prête et que des confinements isolés seraient privilégiés. À cette fin d'ailleurs, et comme en Belgique, le port du masque devrait être bientôt rendu obligatoire dans les lieux publics clos. Et ce, dès le 1er août.

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