Macron veut "remettre à plat l'espace Schengen" et plaide pour "une préférence européenne"

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Dans une tribune publiée ce lundi dans plusieurs médias européens, le président français énumère toute une série de mesures, dont la remise à plat de l'espace Schengen, pour une "renaissance européenne".

Le président français Emmanuel Macron, qui met en garde dans une tribune publiée ce lundi soir dans plusieurs médias de l'Union européenne (UE) contre les "pièges" du "nationalisme" et du "statu quo", propose de "remettre à plat l'espace Schengen" afin de rétablir "la liberté en sécurité".

Macron préconise en outre "une police des frontières commune et un office européen de l'asile, des obligations strictes de contrôle, une solidarité européenne à laquelle chaque pays contribue, sous l'autorité d'un Conseil européen de sécurité intérieure". "Aucune communauté ne crée de sentiment d'appartenance si elle n'a pas des limites qu'elle protège", plaide-t-il dans sa tribune publiée dans 28 pays.

"La frontière, c'est la liberté en sécurité."
Emmanuel Macron

"La frontière, c'est la liberté en sécurité", poursuit-il. "Nous devons ainsi remettre à plat l'espace Schengen: tous ceux qui veulent y participer doivent remplir des obligations de responsabilité (contrôle rigoureux des frontières) et de solidarité (une même politique d'asile, avec les mêmes règles d'accueil et de refus)".

Le président français promet également "une Conférence pour l'Europe", qu'il estime "en danger", avant la fin de l'année afin de réfléchir aux changements nécessaires "sans tabou, pas même la révision des traités". "Cette conférence devra associer des panels de citoyens, auditionner des universitaires, les partenaires sociaux, des représentants religieux et spirituels", a-t-il indiqué.

  • Au niveau social, Macron propose un "bouclier social européen". "L'Europe, où a été créée la sécurité sociale, doit instaurer pour chaque travailleur, d'Est en Ouest et du Nord au Sud, un bouclier social", estime-t-il, évoquant une "même rémunération sur le même lieu de travail et un salaire minimum européen, adapté à chaque pays". Il appelle ses partenaires européens à définir un "projet de convergence plus que de concurrence" sur ce volet social, pour "retrouver l'esprit de progrès".
  • Du côté de la défense, le président français propose la mise en place d'un "Conseil de sécurité européen associant le Royaume-Uni", pour préparer les "décisions collectives" de l'UE dans le domaine de la défense. Selon lui, l'UE doit se doter d'un "traité de défense et de sécurité" qui définira les obligations des pays de l'UE, en lien avec l'OTAN et les alliés européens de l'Union.
"Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence."
Emmanuel Macron

  • Sur le front de la concurrence, il appelle à "réformer" la politique de concurrence en vigueur dans l'UE et souhaite instaurer, dans les industries stratégiques et les marchés publics, "une préférence européenne", "comme le font nos concurrents américains ou chinois". "Nos frontières doivent aussi assurer une juste concurrence", estime-t-il, appelant à "sanctionner ou interdire en Europe les entreprises qui portent atteinte à nos intérêts stratégiques et nos valeurs essentielles".
  • Par rapport à l'urgence climatique, Macron appelle l'UE à prendre "la tête du combat écologique", proposant la création d'une "Banque européenne du climat" pour financer la transition écologique, et d'une force sanitaire européenne pour "renforcer les contrôles" des aliments. Le président français, pour qui l'UE doit "diviser par deux" sa consommation de pesticides d'ici 2025, souhaite également une "évaluation scientifique indépendante des substances dangereuses pour l'environnement", alors que plusieurs agences sanitaires ont été soupçonnées de reprendre trop complaisamment les arguments de la firme Monsanto.
"Qui a dit aux Britanniques la vérité sur leur avenir après le Brexit ? Qui leur a parlé de perdre l'accès au marché européen? Qui a évoqué les risques pour la paix en Irlande en revenant à la frontière du passé?"
Emmanuel Macron

  • Concernant le Brexit, qualifié "d'impasse", le président français a pris soin de ne pas fermer la porte au Royaume-Uni, restant un partenaire majeur. "Dans cette Europe, les peuples auront vraiment repris le contrôle de leur destin, dans cette Europe, le Royaume-Uni, j'en suis sûr, trouvera tout sa place", a-t-il écrit.
  • Enfin, sur le financement des partis, il appelle à l'interdiction du "financement des partis politiques européens par des puissances étrangères". Le président français propose la création d'une "agence européenne de protection des démocraties", chargée de protéger les élections dans chaque Etat-membre des "cyberattaques" et "manipulations".

Une série de propositions qui ont déjà les faveurs de notre Premier ministre. "Soutien aux propositions d'Emmanuel Macron pour un nouvel élan du projet européen", a ainsi écrit Charles Michel sur Twitter.

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