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Madrid renoue le dialogue avec les indépendantistes catalans

Environ 106.000 indépendantistes ont manifesté dans les rues de Barcelone samedi dernier. ©REUTERS

Ce mercredi, le Premier ministre espagnol a rendez-vous avec les indépendantistes. Objectif: relancer les négociations en vue d’une solution politique.

Ce mercredi marquera-t-il un tournant dans les relations difficiles entre Madrid et les indépendantistes catalans? Le Premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a pris une posture volontariste en annonçant auparavant qu’il allait mener en personne la reprise des négociations avec les indépendantistes.

Ces pourparlers visent à trouver une issue à la grave crise qui avait éclaté en 2017 entre Madrid et Barcelone.

Ces pourparlers, qui doivent débuter ce mercredi à Barcelone, visent à trouver une issue à la grave crise qui avait éclaté en 2017 lorsque les indépendantistes avaient défié le gouvernement central en organisant en octobre de la même année un referendum d’autodétermination. Le oui l’avait largement emporté, mais le résultat avait été immédiatement invalidé par le Tribunal constitutionnel espagnol.

De son côté, craignant une sécession unilatérale, le gouvernement central, emmené par la droite, avait répondu par la voie judiciaire en lançant des mandats d’arrêt contre les responsables indépendantistes, dont leur leader Carles Puigdemont, depuis lors réfugié en Belgique. Madrid avait également placé la région sous tutelle.

La gauche reprend la main

Depuis lors, c’est un gouvernement de gauche qui a pris le relais à Madrid et qui entend privilégier une solution politique. Mais les discussions s’annoncent ardues, car l’exécutif régional catalan, dirigé par Pere Aragonès, continue d’exiger la tenue d’un nouveau référendum.

Si une amorce de dialogue a pu être établie, c’est parce que Pere Aragonès appartient au parti ERC (Gauche Républicaine de Catalogne) qui est un allié-clé du gouvernement minoritaire de Pedro Sanchez au parlement espagnol. Or Sanchez s’était engagé auprès d’ERC à ouvrir une "table des négociations", en échange d’un soutien pour son investiture au parlement en janvier 2020. Un premier tour de table s’était tenu en février 2020, juste avant que la pandémie ne suspende le processus.

En juin dernier, Madrid a fait un geste d’ouverture en graciant neuf indépendantistes catalans emprisonnés en Espagne.

Le mouvement séparatiste reste très divisé sur la stratégie à adopter.

Indépendantistes divisés

Ceci étant, le mouvement séparatiste reste très divisé sur la stratégie à adopter. Les modérés prônent le dialogue avec Madrid alors que les radicaux militent toujours pour une sécession unilatérale comme en 2017.

Samedi dernier, les indépendantistes ont manifesté dans les rues de Barcelone, mais sans parvenir à mobiliser en masse, comme ils avaient pu le faire en 2017. La manifestation avait été convoquée pour la "Diada", fête de la Catalogne et traditionnellement le théâtre de rassemblements de masse en faveur de l’indépendance.

En 2014, au plus fort de la montée de l'indépendantisme, la "Diada" avait rassemblé 1,8 million de séparatistes. Samedi dernier, ils n’étaient que 108.000 dans les rues de Barcelone. En 2020, seules 60.000 personnes s’étaient mobilisées, mais c’était en pleine pandémie.

Un projet controversé

Pour ne rien arranger, les tensions ont été ravivées la semaine dernière avec l’annonce par le gouvernement central de vouloir suspendre un projet controversé d’agrandissement de l’aéroport de Barcelone, en raison d'une"perte de confiance" dans le gouvernement régional séparatiste.

L'exécutif madrilène considère en effet impossible de mener à bien ce projet "sans un appui sans faille" du gouvernement catalan. Or celui-ci comprend dans ses rangs des écologistes farouchement opposés au projet pour des raisons environnementales. Pere Aragonès voit au contraire dans la décision de Madrid une forme de "chantage".

Quoi qu’il en soit, le chemin vers une réconciliation nationale s'annonce long.

Le résumé

  • Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a rendez-vous ce mercredi avec les indépendantistes catalans.
  • Ces pourparlers visent à trouver une issue politique à la crise entre Madrid et Barcelone.
  • Les indépendantistes restent toutefois divisés entre modérés et radicaux.
  • Le chemin vers une réconciliation nationale s'annonce encore long.

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