Madrid tacle le gouvernement italien sur la question de l'Open Arms

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Le gouvernement espagnol accuse Rome de violation du droit de la mer pour sa politique d’exclusion des navires humanitaires de ses ports, tandis que l’Open Arms a rejeté l’offre de Madrid d’accoster dans les Baléares. Et il n’est pas le seul navire en difficulté en Méditerranée.

Quatre migrants ont sauté du navire de l’ONG Proactiva Open Arms ce dimanche pour tenter de rejoindre à la nage l’île italienne de Lampedusa, avant d’être rattrapés par les membres de l’équipage. Madrid avait proposé le jour même d’accueillir le navire et ses 107 migrants restants au port d’Algésiras, dans l’extrême sud de l’Espagne. "Absolument irréalisable", selon l’ONG, évoquant la situation "d’urgence humanitaire" à bord.

"Totalement incompréhensible", a-t-elle surenchéri, assurant avoir eu vent d’un accord entre Rome et Madrid pour un accostage sur l’île espagnole de Majorque, plus proche d’Algésiras. Une rumeur d’accord aussitôt démentie par le gouvernement espagnol, qui dit n’avoir eu aucune réponse "claire et directe" de l’ONG pour l’accostage.

Évacuation partielle

Pedro Sanchez, le chef du gouvernement espagnol, a par ailleurs ouvertement critiqué la politique du gouvernement italien, et particulièrement celle du ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini. Il a qualifié "d’inconcevable" la décision italienne de fermer les ports aux navires des ONG.

"La décision italienne de fermer les ports est inconcevable."
pedro Sanchez
Président du gouvernement espagnol

Salvini, qui avait tenté de bloquer l’entrée de l’Open Arms au port de Lampedusa par voie de décret, a néanmoins fait une concession après 18 jours de refus. "À contrecœur", il a laissé débarquer samedi 27 migrants mineurs "non accompagnés" sur l’île, tout en refusant le débarquement des 107 autres migrants encore à bord.

Un autre décret est cependant toujours en vigueur à l’encontre de l’Ocean Viking, avec à son bord pas moins de 356 migrants. Le navire, affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, a secouru les premiers d’entre eux il y a maintenant dix jours et attend un déblocage de la situation. Il dérive entre Malte et Lampedusa, espérant que l’interdiction d’accoster soit levée sur l’une des deux îles.

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