Mais qui veut bien du plan d'aide de la Grèce?

©AFP

Les députés grecs ont commencé à débattre en commissions parlementaires du nouvel accord de prêt avec les créanciers du pays. Il sera soumis dès ce soir au vote de l'ensemble des parlementaires. Un sondage de la population allemande montre l'impopularité de ce plan chez nos voisins germaniques.

Syriza, le parti du Premier ministre grec Alexis Tsipras, était au bord de l'éclatement jeudi soir à quelques heures du vote crucial par le Parlement du troisième plan d'aide au pays, auquel une partie des députés de Syriza sont opposés. Zoé Konstantopoulou, la présidente du Parlement, a critiqué le ministre des Finances Euclide Tsakalotos, tandis que l'ancien ministre de l'Energie Panagiotis Lafazanis appelait à la création d'un mouvement national anti-austérité, s'attirant les foudres du gouvernement.

Les députés grecs ont commencé à débattre du nouvel accord de prêt avec les créanciers du pays. Le temps presse, le vote est prévu dès ce soir et le ministre des Finances Euclide Tsakalotos insiste sur la nécessité de tenir le calendrier. Pour lui, il s'agit d'éviter à tout prix à la Grèce un nouveau prêt-relais des Européens, comme en juillet, pour rembourser 3,4 milliards d'euros dus à la BCE jeudi prochain.

"Demain, les Parlements des pays (de la zone euro) vont commencer à voter, la Finlande puis l'Allemagne, les Pays-Bas et les autres pays. Si demain, il n'y pas de feu vert de l'Eurogroupe (...) alors la Finlande ne pourra pas voter et nous passerons par un nouveau prêt-relais."
Euclide Tsakalotos
Ministre grec des Finances

Le ministre grec des Finances a répété qu'il escomptait le versement d'une première tranche d'aide de 20 à 25 milliards d'euros du total de l'aide (environ 85 milliards), le 19 août, c'est-à-dire la veille du remboursement à la BCE.

Le but ? Pouvoir rembourser la BCE et débuter ainsi la recapitalisation des banques, mais aussi rembourser les milliards d'arriérés de paiement de l'Etat qui se sont accumulés ces derniers mois et étranglent l'activité économique.

Je ne veux pas croire qu'il existe des forces hors de Grèce mais aussi ici en Grèce qui veulent que nous demandions un nouveau prêt-relais.
Euclide Tsakalotos
Ministre grec des Finances

• Des mesures à étaler dans le temps

Mais au sein de la majorité gouvernementale Syriza, le nouveau programme divise entre la tendance, majoritaire, résignée à voter l'accord et la minorité du parti qui s'y opposera. accord (voici le texte) qui conditionne le nouveau prêt à une batterie de mesures d'économies budgétaires et des réformes durant les trois prochaines années.

"Si nous tombons sous la barre des 120 députés (favorables à l'accord, sur un total de 300), il est évident que le gouvernement ne pourra pas tenir", a déclaré le ministre d'Etat Alekos Flambouraris.

Euclide Tsakalotos a reconnu que le projet de loi incluait pour les trois prochaines années "des mesures très difficiles" et que le gouvernement avait tenté d'obtenir de les étaler dans le temps "pour que tout n'arrive pas en même temps". Il a promis que le gouvernement présenterait un "plan de développement" d'ici à mars 2016.

• 57% (sur un échantillon de 1.002 citoyens) des Allemands interrogés par l'institut Forsa se prononcent contre le troisième plan d'aide en faveur d'Athènes.
• 84% estiment que le gouvernement grec ne mettra pas en oeuvre les réformes attendues par les créanciers.
• A peine plus d'un tiers des sondés estiment qu'il est juste de soutenir la Grèce avec ce nouveau programme.

Schäuble plus populaire que Merkel

Les personnes interrogées soutiennent à 47% la ligne intransigeante adoptée par le ministre des Finances Wolfgang Schäuble dans les négociations avec la Grèce face à celle de la chancelière Angela Merkel dont la démarche plus conciliante est approuvée par 41% des sondés.
Schäuble ne cache pas que sa préférence va à une sortie de la Grèce de la zone euro.

• De nombreuses défections à prévoir

Parlement grec ©© Wassilios Aswestopoulos/NurPhoto/Corbis

Après la discussion en commissions parlementaires, le projet de loi sera débattu en séance plénière avec les 300 parlementaires grecs. Le vote, lui, est attendu dans la soirée ou dans la nuit.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras devrait obtenir sans difficulté la ratification de cette feuille de route - mêlant mesures budgétaires et réformes structurelles. Mais il va de nouveau être confronté à la fracture que crée ce nouveau programme d'austérité à l'intérieur de son parti, avec, comme lors des votes du mois de juillet sur de premiers volets de mesures, de nombreuses défections à prévoir parmi les députés Syriza.

A noter que des statistiques publiées aujourd'hui ont montré que la Grèce avait, contre toute attente, renoué avec la croissance au deuxième trimestre, malgré des négociations très tendues avec ses créanciers et la menace d'une sortie de la zone euro.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés