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L'Europe ne financera pas de mur aux frontières de l'est

Angela Merkel a eu droit à une standing ovation, vendredi, à la fin de son dernier sommet européen. ©REUTERS

Le deuxième jour du sommet européen a été consacré à un long débat sur les migrations. Les Vingt-Sept ont fait des efforts pour dépasser leurs divergences, face aux "attaques hybrides" menées par la Biélorussie. Angela Merkel, dont c'était le dernier sommet, a reçu une standing ovation.

Les dirigeants de l'Union européenne, réunis en sommet à Bruxelles, se sont concentrés vendredi sur les migrations, avec une attention particulière sur les "attaques hybrides" menées depuis mars par la Biélorussie aux frontières de la Pologne, de la Lituanie et de la Lettonie.

"Votre sagesse nous manquera, particulièrement dans les temps compliqués."
Charles Michel
Président du Conseil européen

Avant d'entamer la réunion, le président du Conseil européen Charles Michel a rendu hommage à la chancelière allemande Angela Merkel, dont c'était probablement le dernier sommet. Il a vanté "son extrême sobriété et sa simplicité", qu'il voit comme "une arme de séduction très puissante". "Votre sagesse nous manquera, particulièrement dans les temps compliqués", a-t-il dit.

Dans une vidéo visionnée au sommet, l'ancien président des États-Unis Barack Obama a salué le départ de Merkel, "une amie", dont il a souligné "la bonne humeur, le pragmatisme avisé et la boussole morale implacable".

"Je quitte mon poste de chancelière à un moment qui me préoccupe", a dit Angela Merkel aux journalistes présents, dont L'Echo. "Il reste des points non résolus et des chantiers que je laisse à mon successeur. Cela concerne l'État de droit et la migration sur laquelle nous n'avons pas encore d'accord."

À la fin du sommet, elle a eu droit à une standing ovation.

Attaques hybrides

Fait rare, le débat sur les migrations a duré 5 heures, en raison de développements inquiétants à la frontière biélorusse. Charles Michel a constaté "une convergence de plus en plus forte" entre les Vingt-Sept.

"Nous sommes d'accord pour ne pas construire de mur ou de muraille avec des fils barbelés."
Ursula von der Leyen
Présidente de la Commission européenne

Depuis mars, le régime du dictateur Alexander Loukachenko a poussé plus de 12.000 migrants syriens, afghans et irakiens vers les frontières de la Pologne et des pays baltes pour faire monter la pression migratoire, en représailles au soutien de l'UE à l'opposition biélorusse. Huit migrants sont morts à la frontière polonaise.

Un groupe de 10 États (Bulgarie, Danemark, Estonie, Grèce, Hongrie, Lituanie, Lettonie, Pologne, Tchéquie et Slovaquie) ont adressé une lettre au Conseil pour demander de reconnaître "l'instrumentalisation" des migrants utilisés comme arme hybride contre l'UE, afin d'obtenir des fonds pour renforcer leurs frontières.

Les États membres ont apporté leur soutien à cette demande. L'instrumentalisation a été inscrite dans les conclusions de la réunion, la Commission européenne étant chargée de trouver les moyens.

"Nous savons que la Russie joue ici un rôle que nous ne devrions pas ignorer."
Xavier Bettel
Premier ministre luxembourgeois

Dans le plus pur style trumpien, la Pologne veut construire un "mur" à sa frontière avec la Biélorussie. Pour la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, c'est non.

"L'UE peut fournir des financements pour la gestion des frontières, des équipements, du personnel, des moyens électroniques. Mais nous sommes d'accord pour ne pas construire de mur ou de muraille avec des fils barbelés", a-t-elle tranché.

Le dirigeant luxembourgeois Xavier Bettel a pointé du doigt la Russie, soutien de Loukachenko. "Nous savons que la Russie joue ici un rôle que nous ne devrions pas ignorer", a-t-il dit.

"Une solidarité dans les deux sens"

Les États du Nord, dont la Belgique, ont soulevé la question de la migration secondaire, les migrants qui quittent irrégulièrement leur pays de première arrivée, dans le sud de l'Europe, vers le nord.

"Pour que cela fonctionne, il faut que tout le monde fasse preuve de solidarité."
Alexander De Croo
Premier ministre belge

"On parle de solidarité, mais c'est une solidarité qui doit aller dans les deux sens", a dit le Premier ministre belge Alexander De Croo. "Pour les pays du Sud, le message est clair: consolidez vos frontières et nous vous soutiendrons avec des fonds supplémentaires."

Pour le libéral, l'effort d'accueil ne doit pas peser sur les mêmes pays, que ce soit la Belgique, où "les structures d'accueil sont saturées", et les pays du Sud, qui portent la charge migratoire.

Le résumé

  • Les Vingt-Sept ont longuement discuté des problèmes migratoires lors du sommet européen de vendredi. En particulier, ils ont acté "l'instrumentalisation" des migrants par le régime biélorusse du dictateur Alexandre Loukachenko.
  • La chancelière Angela Merkel, dont c'était le dernier sommet, a reçu une standing ovation. Elle s'est toutefois montrée inquiète de partir en laissant "des chantiers" européens à son successeur, comme l'État de droit et la question migratoire.

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