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Merkel, un "joker" pour la Commission européenne

©AFP

Emmanuel Macron soutiendrait la chancelière allemande Angela Merkel si cette dernière briguait la succession de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne.

Le président français Emmanuel Macron a fait le buzz mardi soir en affirmant lors d’une interview à la radio télévision suisse RTS qu’il soutiendrait la chancelière allemande Angela Merkel si elle se présentait à la présidence de la Commission européenne.

En avril dernier, nous évoquions cette éventualité dans nos colonnes. La Chancelière allemande, qui n’a jamais posé sa candidature, avait précisé par la suite qu’elle ne briguerait pas de mandat à l’UE. Le Président français redonne vigueur à ce scénario. "Je ne veux pas m’engager pour Angela Merkel pour qui j’ai beaucoup d’amitié", a-t-il dit en réponse à une question, mais "le voudrait-elle (devenir Présidente de la Commission européenne, NDLR), je la soutiendrais", avant de préciser qu’il fallait "quelqu’un de fort" à ce poste.

Pas de consensus

Pourquoi cette hypothèse revient-elle? Aucun candidat à la présidence de la Commission ne fait consensus. Trois noms sont toujours en lice. Margrethe Vestager, la candidate libérale de Renew Europe, Michel Barnier (PPE), brillant négociateur du Brexit, en réserve de la république, et Manfred Weber (PPE).

"En cas d’impasse, Merkel pourrait être un joker."
benjamin bodson
INstitut egmont

Le problème, c’est que l’heure n’est pas à la conciliation. Lors de la réunion de vendredi entre les six dirigeants européens chargés de préparer un accord sur la présidence de la Commission pour le sommet des 20 et 21 juin, aucun accord n’est ressorti. Pour certains analystes, il n’est pas exclu qu’il faille songer à une personnalité forte et incontestée. "En cas d’impasse, Merkel pourrait être un joker, car il faut quelqu’un qui fait consensus au sein du Conseil européen", dit Benjamin Bodson, spécialiste des affaires européennes à l’Institut Egmont. Une hypothèse, selon lui, à prendre avec des pincettes.

La réponse d’Emmanuel Macron à RTS est aussi une manière de calmer avec élégance les tensions entre Berlin et Paris. Angela Merkel défend la candidature du "spitzenkandidat" du PPE, Manfred Weber. Mais le Président français n’a de cesse de torpiller le Bavarois, estimant que Margrethe Vestager ou Michel Barnier conviendraient mieux.

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