Mobilisation massive pour les retraites en France

Selon les syndicats, plus de deux millions de personnes ont manifesté contre la réforme des retraites en France. Leur objectif est de faire pression sur les parlementaires pour qu'ils revoient leur copie.

Les syndicats français ont estimé avoir nettement amplifié l'opposition à la réforme des retraites en mobilisant jeudi selon eux environ deux millions de personnes dans la rue, soit le double du 27 mai.

Leur objectif est de faire naître un mouvement d'opposition suffisant pour infléchir, voire obtenir la réécriture du projet de loi qui sera présenté en septembre au parlement.

Les syndicats s'opposent au relèvement de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ, principal levier choisi par l'exécutif pour juguler les déficits croissants des régimes de retraite.

Tous se disent prêts à redescendre plus nombreux dans la rue à l'automne mais la mobilisation actuelle avec des grèves en demi-teinte ne semble pas de nature pour l'instant à faire fléchir le gouvernement.

Au moins "deux millions de manifestants" étaient jeudi dans la rue en France, ont déclaré à la presse les dirigeants de la CGT et de la CFDT, Bernard Thibault et François Chérèque.

A Paris, les manifestants étaient 130.000 selon les organisateurs, 47.000 d'après la police.

Au vu de cette montée en puissance, Bernard Thibault a estimé qu'il serait "sage" que le président Nicolas Sarkozy "renonce à soumettre le projet de loi" dans sa version actuelle au conseil des ministres du 13 juillet.

François Chérèque a souligné qu'il s'agissait "de la plus forte manifestation de l'année". "Cela montre que le sentiment d'injustice face à cette réforme brutale monte très fort dans le pays", a-t-il dit aux journalistes.

SENTIMENT D'INJUSTICE

La majorité a relativisé le succès syndical.

"Il n'y a pas de raz-de-marée, ce n'est pas décembre 1995, ce n'est pas la paralysie du pays", a dit Maurice Leroy, porte-parole du Nouveau Centre.

Le Premier ministre, François Fillon, devait donner vendredi une conférence de presse à 11h30 consacrée aux retraites et aux finances publiques, a annoncé Matignon.

Quelque 200 cortèges ont scandé cette journée de grèves et manifestations à l'appel de l'intersyndicale CGT-CFDT-CFTC-FSU-Solidaires-Unsa, dont l'objectif était de mobiliser plus que les 395.000 (police) à un million (syndicats) de manifestants du 27 mai.

Partout, les défilés témoignaient d'une mobilisation en hausse, avec 120.000 manifestants à Marseille, selon la CGT, et 14.500 d'après la police, soit un tiers de plus qu'en mai.

La situation était identique à Bordeaux, avec 25.000 à 70.000 manifestants selon les sources, mais également 13.500 à 35.000 à Rennes, ou 11.000 à 25.000 à Lyon.

A Paris, 130.000 personnes, selon la CGT, ont relié les places de la République et de la Nation au son de vuvuzelas, trompettes dont le bruit assourdissant marque la Coupe du monde de football en Afrique du Sud.

Les manifestants mettaient en avant leur sentiment d'injustice. "Nos retraites valent mieux que leurs profits", pouvait-on lire sur des banderoles, ou encore: "La France qui gagne, c'est celle qui manifeste. Pas celle du football."

Le projet de réforme vise à rétablir l'équilibre financier des régimes en 2018.

Les syndicats soulignent que le bond des déficits s'explique par la crise économique et que les mesures du gouvernement font supporter ce coût aux salariés, ce qu'ils estiment injuste, une analyse partagée par l'opposition de gauche.

Le gouvernement a dit qu'il ne reculerait pas sur le relèvement de l'âge légal, nécessaire selon lui pour répondre au défi démographique lié à l'arrivée en retraite de la génération du "baby boom" et à l'allongement de la durée de la vie.

Le chef de députés UMP, Jean-François Copé, a estimé sur Canal+ que "faire passer le message qu'il va falloir travailler plus longtemps alors que pendant des années et des années on a dit qu'il fallait travailler moins, ce n'est pas facile".

TRANSPORTS ET SERVICES PUBLICS PERTURBÉS

Les transports en commun et les services publics étaient perturbés jeudi par le mouvement de grève.

Environ quatre cheminots sur dix étaient en grève jeudi matin, selon la SNCF. Les prévisions de trafic font état d'un TGV sur deux en moyenne en France et à l'international, comme pour les TER et les Transilien en heure de pointe.

A Paris, la RATP a fait état de la circulation de trois métros sur quatre en moyenne, tout comme sur le RER A. Elle ne prévoit en revanche qu'un train sur cinq sur sa partie du RER B.

Dans les écoles, la moyenne pondérée sur l'ensemble des enseignants s'établit à 19,96% de grévistes, dont 31,87% dans le premier degré et 10,27% dans le secondaire.

Selon le ministère du travail, 18,7% des personnels de la fonction publique d'Etat étaient en grève.

La grève est très peu suivie dans les lycées, où se déroulent les épreuves du baccalauréat: 3,49% dans les établissement professionnels et 1,39% dans les lycées d'enseignement général et technologique.

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