Ne pas préparer un Grexit: une erreur!

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Didier Reynders a lâché quelques déclarations fracassantes à Paris. A ce stade, ne pas avoir préparé la sortie de la Grèce de la zone euro serait une grave erreur, estime-t-il. De même, il souhaite que l'émission d'euro-obligations soit absolument accompagnée d'une forte intégration budgétaire.

"Il n'y a pas de discussion ordonnée au niveau européen à propos de la question: que ferons-nous?  A comprendre: si la Grèce quitte la zone euro... "Actuellement, si les banques centrales et les entreprises ne sont pas préparées à ce scénario, ça serait une grave erreur professionnelle."

Didier Reynders s'est exprimé ainsi à Paris devant le club de la presse euro-américaine.

Le ministre belge des Affaires étrangères a aussi jugé que l'introduction d'euro-obligations dans l'Union européenne n'était possible qu'avec un partage de la gestion des budgets nationaux. "Je suis totalement favorable aux euro-obligations, mais on ne peut mettre ensemble sa dette que si on met aussi ensemble ses budgets. Il faut que la Commission européenne et le Conseil (des ministres de l'UE) aient une capacité d'intervention dans les budgets nationaux si les Etats ne respectent pas leurs engagements", a déclaré Reynders, au cours de son intervention. "Si on partage la dette, on partage aussi la gestion du budget. Des euro-obligations pour financer un nouvel endettement sans objectif d'intégration budgétaire plus fort, on n'y arrivera pas", a ajouté le vice-Premier ministre.

Les euro-obligations, instrument de mutualisation de la dette dans la zone euro, ont les faveurs de la France mais sont rejetées par l'Allemagne.

"Est-ce que le gouvernement français peut dire qu'il veut les euro-obligations, mais que s'il ne respecte pas ses engagements budgétaires, l'Europe pourra rectifier son budget ? Je pense que les Allemands sont prêts à accepter les euro-obligations s'il y a une gestion en commun du budget", a souligné Reynders.

Alors que le nouveau président français, le socialiste François Hollande, élu le 6 mai, a fait campagne sur la renégociation du pacte budgétaire européen, pour y ajouter un volet sur la croissance, le ministre belge a estimé qu'il s'agissait d'un "faux débat".

"Un faux débat est en train de se développer et il faut le stopper rapidement. Il n'y a aucune contradiction entre stabilité et croissance. La stabilité financière est un pilier de la croissance. On ne fera pas de la croissance en atténuant le volet budgétaire", a-t-il jugé.

"Il n'y aura pas de remise en cause du pacte budgétaire et de ses orientations. Au contraire, on va vers un renforcement des règles d'organisation en commun des budgets", a affirmé Didier Reynders.

 

La retraite assouplie en France: "incompréhensible"

Le ministre des Affaires étrangères a estimé qu'une baisse de l'âge de départ à la retraite en France, prévue par le nouveau pouvoir socialiste, serait une mesure "incompréhensible dans la plupart des autres Etats européens". "La question des retraites constitue un signal fortement observé en Europe", a déclaré Reynders, qui est aussi vice-Premier ministre, au cours d'une intervention devant le club de la presse euro-américaine à Paris.

"Repartir vers un âge plus faible pour les retraites serait inaudible et incompréhensible dans la plupart des autres Etats européens", a-t-il ajouté, en référence aux projets du nouveau président français François Hollande.

Elu le 6 mai, François Hollande a promis pendant la campagne électorale de revenir très partiellement sur l'âge de départ à la retraite.

Son gouvernement a présenté mercredi son agenda social, comportant le retour de 62 à 60 ans de l'âge de la retraite pour une petite partie des salariés. Ceci constitue un retour partiel sur la réforme engagée en 2010 par l'ancien président Nicolas Sarkozy, qui avait repoussé l'âge légal minimum de départ à la retraite de 60 à 62 ans.

Cette mesure doit faire l'objet d'un décret à la mi-juin. Il doit instaurer pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans le droit de partir à la retraite à 60 ans à taux plein s'ils ont cotisé 41 ans et demi. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a évalué à "100.000" le nombre de personnes concernées la première année.

 

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