Neuf pays pour contenir les prix des médicaments

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L’Ihsi, une base de données centrale, permettra à 9 pays européens, dont la Belgique, de se préparer au mieux à l’arrivée sur le marché de nouveaux médicaments potentiellement coûteux.

La ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open Vld) et huit de ses collègues européens donnent ce mardi le coup d’envoi de l’International Horizon Scanning Initiative (Ihsi).

Il s’agit d’une base de données centrale contenant des informations sur tous les nouveaux médicaments ou les médicaments en cours de développement. Les dirigeants politiques pourront l’utiliser afin d’identifier les défis futurs, définir des priorités, anticiper des opportunités. Les différents gouvernements pourront de plus négocier ensemble avec les firmes pharmaceutiques afin de contenir les prix.

"Les patients auront ainsi accès plus rapidement à des médicaments innovants, de qualité, à des prix abordables", se félicite Maggie De Block. "Mieux nous sommes préparés à l’arrivée de nouveaux traitements, au plus vite nous pouvons les mettre à disposition de nos patients une fois qu’ils sont sur le marché. Dans un secteur aussi international que celui de l’industrie pharmaceutique, unir nos forces est fondamental", estime-t-elle.

Le bébé Pia

L’International Horizon Scanning Initiative émane d’une collaboration ayant débuté en 2017 entre la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Autriche, sous l’appellation BeNeLuxA. Cette collaboration a déjà donné de premiers résultats, sous la forme de baisses de prix obtenues sur certains médicaments innovants. C’est le cas par exemple du traitement initial administré à la petite Pia, cet enfant de neuf mois atteinte d’amyotrophie spinale, dont les parents ont ensuite lancé une collecte de fonds par SMS en septembre dernier afin de pouvoir lui fournir un autre traitement, encore plus onéreux (1,9 million d’euros la dose).

La ministre De Block est régulièrement attaquée par l’opposition sur une maîtrise jugée insuffisante des prix des médicaments.

De son côté, la ministre De Block est régulièrement attaquée par l’opposition sur une maîtrise jugée insuffisante des prix des médicaments. La ministre se défend en rappelant qu’elle a conclu un "pacte d’avenir" avec le secteur pharmaceutique. Un pacte qui, selon elle, aurait déjà permis d’épargner 1,1 milliard d’euros en soins de santé. Néanmoins, le budget a dérapé et le pacte n’a pas été à la hauteur des attentes, d’après la Cour des comptes.

De son côté, le Comité de monitoring a publié la semaine dernière des prévisions peu rassurantes en la matière. Le coût des médicaments devrait augmenter de 30% les prochaines années pour atteindre 6,6 milliards d’euros en 2024. Cette année-là, la facture des fournitures pharmaceutiques aura augmenté deux fois plus vite que celle des hôpitaux, trois fois plus vite que celle des salaires des médecins et six fois plus vite que celle des salaires des infirmiers.

Le groupe s’élargit

En attendant, les quatre pays fondateurs du réseau BeNeLuxA ont invité d’autres Etats membres à se joindre à eux. Cette collaboration réunit aujourd’hui neuf états (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Irlande, Portugal, Suède, Danemark, Suisse et Norvège). Ils seront à Bruxelles ce mardi pour le lancement de la nouvelle base de données Ihsi. D’autres pays devraient prochainement se joindre à eux, assure-t-on au cabinet de Maggie De Block.

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