Nicolas Sarkozy inculpé pour "association de malfaiteurs"

L'ex président français s'est, ce vendredi, dit "stupéfait" du nouveau rebondissement de cette affaire. ©AFP

L'ancien président français voit sa situation judiciaire s'aggraver alors qu'il doit déjà comparaître au cours des prochains mois dans deux autres affaires devant le tribunal correctionnel. Une première dans l'histoire judiciaire de l'hexagone pour un ancien président sous la Ve République.

Affaire Bygmalion, affaire "des écoutes téléphoniques"... On ne compte plus le nombre de dossiers judiciaires qui empoisonnent la retraite de Nicolas Sarkozy. Dernier en date: ce vendredi 16 octobre, c'est celui d'un possible financement libyen de sa campagne de 2007 qui s'invite à nouveau dans la vie de l'ancien président français. Après avoir été auditionné quatre jours depuis la semaine dernière, par les juges anti-corruption, ce dernier a en effet fait l'objet d'une nouvelle mise en examen pour "association de malfaiteurs" dans ce dossier aux ramifications internationales. 

Cette mise en examen vient s'ajouter à trois autres qui lui avaient été adressées dans ce même dossier, le 21 mars 2018, à l'issue de 24 heures de garde à vue, pour "corruption passive", "recel de fonds publics libyens", "financement illégal de campagne électorale".  Depuis, par un réquisitoire supplétif, le Parquet national financier a élargi son investigation en janvier 2020, ouvrant la voie à de nouvelles mises en examen et à l'aggravation de poursuites à l'encontre de protagonistes déjà impliqués, dont Nicolas Sarkozy. Objectif: savoir si les versements libyens ont bel et bien alimenté la campagne de Sarkozy. En novembre 2016, Ziad Takiedine, un intermédiaire libyen, avait affirmé avoir remis, lui-même, 5 millions d’euros d’argent libyen au camp Sarkozy. Des accusations toujours contestées par l'ex président qui s'est, ce vendredi, dit "stupéfait" du nouveau rebondissement de cette affaire: "Mon innocence est à nouveau bafouée par une décision qui ne rapporte pas la moindre preuve d’un quelconque financement illicite", a-t-il écrit sur Facebook.

Frais de campagne

Reste que cette affaire inédite est loin d'être la seule qui occupe l'ex-président. Au cours des prochains mois, pas moins de deux procès l'attendent. Premier en date, celui des "écoutes téléphoniques". Alors qu'il devait se tenir en octobre, celui-ci a finalement été décalé du 23 novembre au 10 décembre prochain. Dans cette affaire, Nicolas Sarkozy sera jugé aux côtés de son avocat et ami Thierry Herzog et de l’ancien haut magistrat à la Cour de cassation Gilbert Azibert. Il est cette fois soupçonné d’avoir tenté d’obtenir début 2014, par l’entremise de Thierry Herzog, des informations secrètes auprès de Gilbert Azibert dans une procédure concernant la saisie de ses agendas en marge de l’affaire Bettencourt (soldée pour lui par un non-lieu en 2013) et ce, en échange d’un coup de pouce pour un poste à Monaco. 

Enfin ses déboires ne s'arrêtent pas là. Viendra ensuite, au printemps 2021, une comparution dans le cadre du dossier Bygmalion, cette fois au sujet des frais de campagne pour la présidentielle de 2012. Dans ce contexte, l'ancien chef d'État se voit reprocher d'avoir engagé des dépenses supplémentaires en ayant notamment réclamé de nouveaux meetings, alors que des experts-comptables l'avaient alerté sur le dépassement du plafond du budget alloué. L'ancien président n'est en revanche pas mis en cause dans le système de fausses factures qui aurait alimenté sa campagne par le biais de Bygmalion, le nom de l'entreprise prestataire.

Pour sa défense, Nicolas Sarkozy peut cependant toujours compter sur sa famille politique, Les Républicains (droite) qui fait bloc derrière lui. Sur plusieurs ondes, Julien Aubert, élu du Vaucluse, a qualifié de "grave" cette nouvelle accusation "qui alimente le sentiment du 'tous pourris'". "Je n'ai pas vu en sept ans de procédure quoi que ce soit qui puisse accréditer cette thèse", juge-t-il. Ces nombreux déboires n'ont pour l'heure en tous les cas pas émoussé l'influence exercée par Nicolas Sarkozy au sein de la vie politique française. Preuve en est, la nomination de Gerald Darmanin au ministère de l'intérieur et celle de Jean Castex au poste de Premier ministre. Tous deux sarkozystes affichés.

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