Les cinq choses à retenir de l'interview de Macron sur TF1

Alors que la France est secouée par une vague de grèves, le président français Emmanuel Macron a répondu, depuis une école primaire dans un petit village en France, aux questions de Jean-Pierre Pernaut, en direct du journal télévisé de TF1 à 13h.
  • 1. Emmanuel Macron a affirmé qu'il avait la "preuve que la semaine dernière des armes chimiques ont été utilisées par le régime de Bachar el-Assad" dans l'attaque présumée à Douma. "Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu."

    2. Le président a défendu sa réforme du statut des cheminots. "Nous devons aller jusqu'au bout de cette réforme." Il a garanti que la SNCF sera une entreprise publique à 100% de capitaux d'Etat. "Tous les cheminots qui sont aujourd'hui en emploi resteront dans leur statut. On ne leur demande pas d'effort mais d'accepter que les nouveaux ne seront pas dans ce statut."

    3. Il a remercié à de nombreuses reprises les retraités auxquels il a "demandé un effort". "Vous passez 10 ou 15 ans de plus à la retraite que vos parents." "Le 1er novembre, vous aurez un tiers de taxe d’habitation en mois. Et elle sera supprimée entièrement dans les trois ans. L’un dans l’autre, sur le pouvoir d’achat, vous allez vous y retrouver." Il a déclaré que si cet effort n'était pas fourni, "dans cinq ou dix ans on n’arrivera plus à financer notre système de retraite".

    4. A propos de la démographie Macron a expliqué c'était "plus compliqué que l'image caricaturale qui oppose ville et champs"."Il n'y a pas une fracture entre la France des villes et des champs. Il y a la France des métropoles où en effet on vit bien, la France des quartiers en dessous qui vit très difficilement, puis une France des villes périphérique qui est inquiète et vit mal, il y a une France rurale qui perd des habitants et une France rurale qui gagne des habitants et va bien." 

    5. Sur les routes régionales à 80km/h, il a pris deux engagements: "Durant ces deux ans, l’argent qui sera perçu on le mettra pour les hôpitaux qui soignent les blessés de la route. On rendra transparents tous les résultats. Si ce n’est pas efficace, on ne le gardera pas."

    ©REUTERS


  • A propos de l'économie des entreprises: "Quand ça va mieux, tout le monde doit pouvoir en profiter et tout le monde doit aider à réorganiser quand ça va mal. Dès le 1er janvier, dans toutes les entreprises jusqu'à 250 salariés, il n'y aura plus aucune charge sur l'intéressement qui est distribué, car c'est ça, l'entreprise. Quand ça va moins bien, c'est l'affaire de tout le monde, et quand ça va mieux, tout le monde doit en bénéficier."

    Il jette, pour terminer, un regard sur le début de son mandat. "Je me dis qu’il faut aller au bout. Je l’ai eu en tête dès les premières secondes. Les difficultés ne m’arrêtent pas. Je ne suis pas naïf, je les avais préméditées… Le fait qu’il y ait gens pas contents, je le comprends. Le fait qu’il y ait des peurs, je le respecte. Beaucoup de chemin a été parcouru, beaucoup de choses ont été faites. Nous avons immensément à faire, car notre pays doit reconstruire les cinquante prochaines années de progrès. Nous allons continuer sur l’école, sur le travail, sur le service national, lutter contre ce fondamentalisme, avoir une Europe qui protège et qui porte les ambitions de la France."

  • Bilan au bout de deux ans pour les 80km/h sur les routes régionales

    Le présentateur et Macron abordent désormais la question des routes régionales à 80km/h. "On rendra transparents les résultats. Si ça ne marche pas, on ne continuera pas" au bout des deux années d'expérimentation, promet Macron.

  • "Il n'y a pas une fracture entre la France des villes et des champs"

    Jean-Pierre Pernaut demande s'il ne faut pas une politique des campagnes comme il existe une politique des villes. "Il n'y a pas une fracture entre la France des villes et des champs. Il y a la France des métropoles où en effet on vit bien, la France des quartiers en dessous qui vit très difficilement, puis une France des villes périphérique qui est inquiète et vit mal, il y a une France rurale qui perd des habitants et une France rurale qui gagne des habitants et va bien. C'est plus compliqué que l'image caricaturale qui oppose ville et champs."

    1.000
    classes
    Sur 5.000 classes ouvertes en France l'an prochain, 1.000 seront ouvertes dans le rural.

    "A la rentrée prochaine, on aura 32.000 élèves en moins en CP, et pourtant, on va ouvrir 5.000 classes dont certaines à la campagne." "On va ouvrir 1.000 classes dans le rural, alors qu'on va y perdre 20.000 élèves de CP. Il y a des régions où on doit fermer des classes. On s'engage pour le rural, on créé plus de postes, des internats dans le rural car ça correspond aux besoins du jour."

  • "La dette, ce n'est pas ce qu'on va laisser à nos enfants"

    "La France est le pays d'Europe qui est depuis le plus longtemps à ce niveau de déficit. On est au dessus de 95% de dette. On a une dette amassée ces 35 dernières années." "La dette, c'est l'impôt au carré."

    "La dette, les plus anciens ne la payent pas mais ce n'est pas ce qu'on va laisser à nos enfants."

    "Si on a de l'argent en plus, je préfère l'investir, dans l'agriculture bio par exemple." "Le coeur de la bataille pour moi, c'est le travail. On ne changera pas le pays du jour au lendemain, mais regardez tout ce qu'on a fait depuis un an."

    "Mon objectif, ce n'est pas seulement le pouvoir d'achat de la semaine." "Je demande de la patience aux Français. L'objectif, c'est le mérite, le travail, et que le travail paie mieux dans notre pays."

  • "Je n'ai jamais pris un retraité pour un portefeuille"

    Concernant les retraités mécontents face à la hausse de la CSG, Macron déclare: "J'ai demandé un effort aux retraités. Je leur dis merci", déclare-t-il à l'égard des retraités. "Vous avez cotisé toute votre vie, vous avez financé la retraite de vos aînés." "Il faut remplacer tout ça dans le système de solidarité auquel on tient tant."

    "Votre génération va vivre beaucoup plus tard. Vous passez 10, 15 ans de plus à la retraite que vos parents. Et moi j'ai des millions de gens au chômage qui ne cotisent pas à votre retraite. Je demande un effort aux actifs. Mais pour cela, il faut qu'ils soient mieux payés." "Ave ma réforme, les travailleurs gagnent plus par mois."

    "On a donc supprimé quelque 20 milliards de cotisations sociales, que j'ai remplacés par 1,7 point de CSG en plus. 1.200 euros de revenu fiscal de référence, ça veut dire que quand une personne a ça aujourd'hui, elle paye la CSG au taux normal."

    "Je n'ai jamais pris un retraité pour un portefeuille", ajoute le président.

    ©REUTERS


  • Sur l'ISF: "C'est une politique d'investissement"

    "Les gens disent ‘Vous avez supprimé l’ISF.’ Non, on ne l’a pas supprimé. Pendant trente ans tout le monde disait que ça faisait fuir les grandes fortunes. Si cet argent est réinvesti dans l’économie française, dans les entreprises, les start-ups, je ne veux pas qu’ils payent d’impôt. Ce n’est pas de l’injustice, c’est une politique d’investissement."

    "Ceux qui réussissent doivent aider le pays en investissant, qu’ils tirent le reste de cordée, que ceux qui n’ont pas de travail puissent en retrouver un. Que ceux qui n’arrivent pas à trouver de travail puissent en retrouver un."

  • Le président défend sa réforme du statut des cheminots

    On passe maintenant à la question du statut des cheminots, qui va être réformé pour tous les nouveaux entrants, alors qu'il garantit un emploi à vie. "Tous les cheminots qui sont aujourd'hui en emploi resteront dans le statut." "On ne leur demande pas d'effort, mais juste d'accepter que les nouveaux on ne les prenne pas au statut."

    "Cette réforme demande des efforts à tout le monde pour construire le chemin de fer de demain." "Les usagers ont fait des efforts, les prix ont augmenté." Mais le président ne veut pas qu'on continue à augmenter le prix des billets. "La SNCF doit se réorganiser."

    "Dans vos villes vous prenez le tram, le bus, c’est ouvert à la concurrence. On a besoin d’un chemin de fer français fort. C’est bon pour le pays et indispensable."

    "Ce sera une entreprise à capitaux publics, je le garantis", assure-t-il. "On ne doit pas opposer les cheminots aux usagers."

    "Cette réforme, les Allemands ont plus ou moins la même. Et grâce à cette réforme, plus de gens prennent le train, il y a plus de petites lignes, etc."

  • "Je vous demande de me faire confiance"

    "Depuis le premier jour, on a mis en place des réformes pour simplifier le droit du travail, pour que notre économie reparte, mais il faut aussi protéger. Le monde va à toute allure, il se transforme." 

    "On va refonder la protection sociale, réformer notre système de retraite. Il n'y a pas de politique et de justice possible si on ne produit pas d'abord."

    "La corde est solide", confirme le président. "Je vous demande de me faire confiance."

  • "Je m'engage à ce que tous les enfants sachent lire, écrire et compter"

    "Depuis 30 ans, on n'a pas changé en profondeur les choses, on n'a pas refondé la maison." "Il faut que les bases soient solides pour que la maison tienne, que les règles soient respectées."

    "La base de notre pays, c'est l'école, et c'est la première bataille que j'ai menée. De la maternelle à l'université, on change beaucoup de choses, on change tout, comme l'école obligatoire à 3 ans." 

    "Avec cette réforme, je m'engage à ce que tous les enfants sachent lire, écrire et compter."

  • "Nous avons la preuve que des armes chimiques ont été utilisées en Syrie"

    L'interview du président français a débuté. Le présentateur Jean-Pierre Pernaut aborde directement la question d'éventuelles frappes militaires en Syrie.

    "Nous avons les preuves que des armes chimiques ont été utilisées en Syrie, par le régime de Bachar el-Assad", affirme Macron. "On ne peut pas laisser des régimes qui se croient tout permis, agir."

    "Nous sommes présents en Syrie pour lutter contre le terrorisme, contre Daech. C'est depuis la Syrie que les attentats ont été organisés." "Nous devons lutter contre les terroristes jusqu'au bout."

    ©EPA


  • → Pour voir en direct l'interview du président français, voici le lien.

  • L'avis de l'opposition

    Alors que l'entourage de Macron affirme que sa "prise de parole n'a pas été organisée pour répondre à l'actualité" sociale, pour l'opposition la volonté du président est claire. "L'objectif est de chercher à renouer avec toutes les catégories qu'il a blessées avec sa politique", estime Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste fraîchement élu.

    "On est à un tournant de la première partie du quinquennat", déclare Patrick Kanner, le président du PS au Sénat. "Il y a un faisceau de présomptions sur le climat social. Pour Emmanuel Macron, le pain blanc a été mangé, la confiance absolue dans le chef s'émousse."

    "L'objectif est de chercher à renouer avec toutes les catégories qu'il a blessées avec sa politique."
    Olivier Faure
    premier secrétaire du PS français

    Pour Stanislas Guérini, député de La République en marche (LR), "le président de la République veut parler pleinement sans se soustraire à aucune question avec pour objectif attendu par les Français de mettre en perspective l'ampleur de la transformation qui est en cours". La porte-parole du parti, Lydia Guirous, "l'exercice de communication" d'Emmanuel Macron "ne suffira pas à gommer les effets dévastateurs de la politique qu'il mène".

    "La ficelle est un peu grosse", estime le Front national (extrême droite), pour qui le président "repartira" ensuite "avec un peu de mépris comme il l'a souvent fait vis-à-vis des classes populaires".

    A l'autre extrême, la France insoumise considère que cette tentative de Macron de "reprendre en main" illustre une "première victoire du mouvement social" qui a réussi à "provoquer plus rapidement que prévu sa prise de parole".

  • Macron, "président des villes"

    Les adversaires du président estiment qu’il ne connaît pas bien la ruralité, il serait, selon eux, le "président des villes". "Il a la haine de la province", avait même accusé le chef des Républicains, Laurent Wauquiez. À l’Élysée, on rappelle qu’Emmanuel Macron est "un enfant de la province".

    "Il a la haine de la province."
    Laurent Wauquiez
    chef des Républicains (LR)

    Selon l’Institut français de l’opinion publique (Ifop), 58% des habitants en zone rurale avaient voté pour lui au second tour, contre 65% des habitants de zones urbaines de province, et 79% des habitants de l’agglomération parisienne. Concrètement, les ruraux n’ont représenté que 22,3% de ses électeurs lors du second tour. Les chiffres le prouvent, Macron a été élu davantage par les villes que par les campagnes.

  • De quoi va-t-on parler?

    L’interview sera entrecoupée de plusieurs reportages réalisés dans différents endroits en France. Parmi les questions abordées, celle de la réduction à 80km/h de la vitesse sur certaines routes de France, celle de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités, la fermeture de certaines classes à la campagne, ou encore la fracture rurale. L’éventualité de frappes militaires en Syrie devrait également être abordée.

  • La stratégie de Macron

    Le président français s’exprimera en deux temps. D’abord ce jeudi au journal télévisé de 13h sur TF1 (et LCI) durant une heure, puis dimanche soir, durant deux heures, sur la chaîne BFMTV, la radio RMC et le site Mediapart.

    Pourquoi? Pour s’adresser à "tous" les publics. En effet, le JT de 13h de TF1 en semaine est essentiellement suivi par des retraités, des employés et les habitants des zones rurales. Ce journal télévisé est suivi par plus de 5 millions de téléspectateurs chaque jour, ce qui est parfois plus que le JT de 20 heures sur France 2 ou TF1. Et pour être certain d’être entendu par le plus grand nombre, c’est-à-dire les personnes qui n’ont pas pu l’écouter ce jeudi, il accordera donc une deuxième interview dimanche soir.

    27%
    cote de confiance
    C'est la cote de confiance du président français auprès des classes populaires.

    L’objectif de Macron est d’expliquer ses réformes – parfois impopulaires – aux retraités, aux ruraux et aux classes populaires, auprès desquels il n’a plus vraiment la cote. En effet, dans un récent sondage de l’institut Elabe, la cote de confiance du président recule aussi bien auprès des classes populaires (27%) que des classes moyennes (41%). Elle progresse toutefois auprès des cadres (65%).

    "Emmanuel Macron veut parler à la vraie France, et sortir de son image de président des riches jeunes glamour et parisiens", explique le politologue Philippe Moreau-Chevrolet.

    Le président français ne s’exprimera pas depuis le plateau du JT, mais depuis une petite école dans un village normand, Berd’huis, d’un peu plus de 1.100 habitants. Il n’a pas choisi ce lieu au hasard. Marine Le Pen y est arrivée en tête lors du premier tour de l’élection présidentielle l’an dernier, avec 30,4% des voix, alors que lui n’avait obtenu que 20% des suffrages.

  • Le président français Emmanuel Macron s’exprimera devant des millions de Français ce jeudi à 13h, durant le JT de TF1. Interviewé par Jean-Pierre Pernault, "il répondra à toutes les questions", a assuré l’Élysée. Une interview attendue puisque les grèves en France se multiplient, et que Macron s’apprête à fêter le premier anniversaire de son élection. 

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