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"Nous devons créer une véritable armée européenne" (Merkel)

©REUTERS

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé ce mardi à la création d'une "véritable armée européenne".

La chancelière allemande Angela Merkel, en visite ce mardi au Parlement européen à Strasbourg, a plaidé en faveur de la création d'une armée européenne. La dirigeante a rejoint la position du président français Emmanuel Macron et de la Commission européenne.

"Nous devons développer une vision pour arriver un jour à avoir une véritable armée européenne"
Angela Merkel
Chancelière allemande

"Nous devons développer une vision pour arriver un jour à avoir une véritable armée européenne", a-t-elle dit, "une armée européenne montrerait au monde qu'entre pays européens, il n’y aura plus jamais de guerre". 

Le président français avait, lui aussi, appelé la semaine dernière à la création d'une "véritable armée européenne". Sa proposition incluait la création d'une sécurité commune dans le cyberespace pour se protéger de la Chine, de la Russie et "aussi des Etats-Unis", ce qui avait provoqué la colère du président américain Donald Trump. Ce mardi, le président américain a une nouvelle fois critiqué l'idée d'une armée européenne. 

Mme Merkel, à la tête de l'Allemagne depuis douze ans, a annoncé fin octobre qu'elle quitterait la vie politique dans deux ans. Son discours était très attendu, la dirigeante ayant désormais les mains plus libres.

"Pas contre l'Otan"

La chancelière allemande a ajouté que cette armée "ne serait pas contre l’Otan" mais qu'elle "la compléterait". "Nous pourrions apparaître devant l’Otan avec une armée européenne", a-t-elle dit, arguant qu'une telle armée entraînerait des coûts moindres. 

Mme Merkel a également proposé de créer "un Conseil de sécurité européen avec présidence tournante" afin de prendre des décisions plus rapidement. Elle a ajouté que la création de cette armée devrait être accompagnée d'une politique étrangère commune d'exportation des armes.

La proposition a été vivement applaudie, tout en suscitant des cris de colère du côté de l'extrême droite.

Le chef de file des Libéraux Guy Verhofstadt (ADLE) a salué ce rapprochement avec le président Macron. "Il faut inspirer un élan nouveau dans ce rêve européen", a-t-il réagi, souhaitant à Angela Merkel "un plein succès"

Nigel Farage, fondateur du parti populiste Ukip, a dénoncé l'idée d'un "empire européen militarisé". "Prenez du recul", a-t-il dit, "le projet européen a été créé pour endiguer la domination allemande. Regardez ce qu'il se passe. Le Brexit est nécessaire."

Solidarité et tolérance

Angela Merkel a plaidé pour "une Europe de la solidarité et de la tolérance", visant la montée des nationalismes et de l'extrême droite dans plusieurs pays européens. "Le nationalisme et l’égoïsme ne doivent plus jamais avoir de prise en Europe", a-t-elle dit. 

Dans le même ordre d'idées, elle a aussi proposé de "renoncer beaucoup plus à l’unanimité" en matière de politique étrangère.

La dirigeante allemande a également appelé à une politique européenne en matière migratoire. "L’Europe ne fait pas encore front uni comme je le souhaiterais", a-t-elle dit, regrettant que certains pays - comme la Hongrie - ignorent la solidarité européenne. "Nous avons eu une guerre civile en Syrie, du terrorisme islamiste et six ou sept millions de réfugiés accueillis par la Turquie et le Liban (...). Nous, nous avons accueilli à peine 1,5 million de personnes".

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