Nouveau tour de vis budgétaire pour la Grèce

Evangelos Vénizélos. © Reuters

Le gouvernement grec annonce un plan d'austérité renforcé, de façon à s'assurer le versement de sa prochaine tranche d'aide internationale et éviter une faillite le mois prochain. Les syndicats annoncent qu'ils s'opposeront à ces mesures via deux grèves de 24 heures le mois prochain.

La perspective de nouvelles mesures d'austérité pour éviter le défaut de paiement qui menace la Grèce et risque d'ébranler la zone euro a déclenché mercredi une montée des tensions sociales dans le pays, avec un appel des syndicats à une grève générale le 19 octobre.

"Nous allons faire tout ce qu'il faut pour ne pas mettre en danger l'avenir du pays et sa place dans la zone euro", a assuré devant le Parlement le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos, qui a négocié lundi et mardi via téléconférence avec les créanciers du pays.

Le gouvernement grec a annoncé qu'il allait procéder à partir du 1er novembre à de nouvelles coupes dans les retraites supérieures à 1.200 euros par mois, instaurer le chômage technique pour 30.000 salariés du secteur public d'ici la fin 2011, et abaisser le seuil minimum d'imposition à 5.000 euros de revenus par an, selon un communiqué diffusé à l'issue d'un conseil des ministres.

La constitution d'une grille de salaires unique dans la fonction publique, une réforme de l'administration fiscale et l'accélération des privatisations pour réduire la dette ont également été promis.

La Grèce mettra la dernière main aux mesures de sauvetage dont elle a besoin pour recevoir une nouvelle tranche d'aide internationale après le retour des inspecteurs de l'Union européenne et du Fonds monétaire international à Athènes la semaine prochaine, a annoncé un porte-parole du gouvernement. Il a précisé que la série de mesures décidées par le gouvernement visant à regrouper les mesures d'austérité permettront à Athènes de se mettre en conformité avec les termes de son sauvetage jusqu'en 2014. La Grèce prévoit de rester dans la zone euro, a-t-il ajouté.

L'objectif d'Athènes est de convaincre la Troïka de ses créanciers - Fonds monétaire international (FMI), zone euro et Banque centrale européenne (BCE) - de lui verser une sixième tranche de huit milliards d'euros du prêt consenti en mai 2010, sans laquelle elle risque de se retrouver en cessation de paiement en octobre.

L'objectif du plan dit à moyen terme de la Grèce est de ramener le déficit budgétaire à 1,2% du PIB en 2015 contre plus de 8,5% estimé pour cette année. Il prévoit aussi des cessions d'actifs publics pour une cinquantaine de milliards d'euros, censées aider à rembourser une dette dont on pense qu'elle dépassera 165% du PIB d'ici la fin de l'année.

Cette nouvelle cure de rigueur suscite la colère de la population. Dès mercredi soir, une manifestation anti-austérité a eu lieu dans les rues d'Athènes à l'appel du syndicat communiste Pame. Jeudi, la capitale grecque sera privée de tout type de transport, une situation exceptionnelle. Le secteur public sera en grève le 5 octobre, avant une grève générale de 24 heures prévue le 19 octobre.


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