Publicité

OCDE: austérité inévitable pour le Portugal

Le Secrétaire Général de l'OCDE, Angel Gurria, présentant son kit de survie budgétaire pour le Portugal.

Augmenter l'impôt et restaurer la confiance des investisseurs. Telles sont les principales prescriptions de l'OCDE à l'égard du Portugal qui peine à se redresser économiquement. L'organisation a présenté son rapport à Lisbonne ce lundi, dont les maîtres mots sont austérité et consensus politique. Mais sur ce dernier point, rien n'est encore gagné...

L'Organisation de coopération et développement économiques (OCDE) a appelé lundi à un "consensus politique fort" au Portugal afin de redresser "rapidement" les comptes publics, au besoin par de nouvelles hausses d'impôts, et restaurer la confiance des investisseurs. Cet appel intervient alors que le gouvernement socialiste portugais, minoritaire, n'est toujours pas assuré de faire voter son budget pour 2011 en raison d'un désaccord de l'opposition de centre-droit, qui refuse toute nouvelle augmentation d'impôts.

Cette incertitude a provoqué la semaine dernière de nouvelles tensions sur les marchés obligataires, les taux de rendement des emprunts d'Etat portugais atteignant un maximum historique.

"La hausse des taux de la dette souveraine, si elle se poursuit, peut mettre en cause la reprise économique", a averti l'OCDE dans un rapport présenté à Lisbonne, en présence du secrétaire général de l'organisation, Angel Gurria. "Le défi immédiat est de restaurer la confiance des investisseurs en redressant rapidement les finances publiques", écrit l'OCDE, qui juge "essentiel que les mesures d'austérité annoncées continuent d'être mises en place rapidement". Par ailleurs, souligne le rapport, "si les tensions sur les marchés étaient relancées, des mesures de rigueur budgétaire supplémentaires devraient être envisagées".

Pour l'OCDE, "le gouvernement doit être prêt à augmenter davantage les impôts, en se concentrant sur ceux qui nuisent le moins à la croissance, comme les taxes sur la consommation (TVA) et la propriété". L'organisation suggère également d'étendre jusqu'en 2013 le gel des salaires des fonctionnaires décidé en 2010.

Commentant ce rapport, le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria s'est toutefois dit "confiant que le Portugal va surmonter la crise".
"L'ambitieuse stratégie de redressement budgétaire doit être soutenue par un consensus politique fort comme cela a déjà été le cas dans le passé", a-t-il néanmoins insisté.

Après avoir scellé en mai dernier un accord avec le gouvernement sur le programme d'austérité, le Parti social-démocrate (PSD), principal parti d'opposition, a rejeté jeudi l'offre de négociations préalables du gouvernement sur le budget 2011, refusant toute nouvelle augmentation de la charge fiscale.

Confronté à un déficit record de 9,3% du PIB l'an dernier, le gouvernement portugais s'est engagé à le réduire à 7,3% cette année, puis à 4,6% en 2011 grâce à un programme d'austérité basé sur une forte réduction des dépenses et soutenu par une hausse générale des impôts en 2010.

Pour 2011, le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos a d'ores-et-déjà déjà prévenu que l'objectif serait "impossible à atteindre sans recette supplémentaire".
Le projet de loi de finances pour 2011 doit être présenté avant le 15 octobre au Parlement. Le Premier ministre José Socrates a laissé entendre la semaine dernière qu'en cas de rejet du texte, son gouvernement pourrait démissionner.

Dans ce contexte politique tendu, le chef de l'Etat portugais, Anibal Cavaco Silva, membre du Parti social-démocrate, a prévu de recevoir, mardi et mercredi, les différentes forces politiques du pays. Selon plusieurs commentateurs, M. Cavaco Silva pourrait appeler son parti à s'abstenir sur le texte, comme il l'avait fait pour le précédent budget, garantissant ainsi son adoption.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés