Publicité

Olaf Scholz trace les grandes lignes du nouveau gouvernement allemand

Le social-démocrate Olaf Scholz sera élu chancelier par le Bundestag. ©EPA

Olaf Scholz a présenté, mercredi avec ses alliés verts et libéraux, les grandes lignes de son action pour les quatre ans à venir. Le prochain gouvernement allemand met l’accent sur l’environnement.

Huit semaines auront suffi aux vainqueurs des élections de septembre pour mettre sur pied leur programme commun de gouvernement. Conformément à la tradition, ce document fixe dans le détail l’action de la nouvelle majorité pour les quatre ans à venir.

Le social-démocrate Olaf Scholz, le ministre des Finances d’Angela Merkel, sera élu chancelier par les députés du Bundestag entre le 6 et le 8 décembre. Le texte présenté mercredi est un compromis entre les promesses électorales du SPD et celles de ses alliés verts et libéraux.

Apprentissage des jeunes

"Le feu tricolore est là", a lancé Olaf Scholz devant la presse, faisant allusion au nom donné à son alliance des trois partis SPD (rouges), Verts et libéraux (dont la couleur est le jaune). Parmi les mesures phares présentées mercredi, le salaire minimum doit passer à 12 euros, comme l’avait martelé Olaf Scholz tout au long de sa campagne.

L’accent est surtout mis sur la protection du climat, conformément aux promesses électorales des Verts.

Le prochain gouvernement s’engage, par ailleurs, à garantir une place d’apprenti à chaque jeune, une classe d’âge particulièrement malmenée par la crise sanitaire. À la rentrée, 55.000 jeunes de moins qu’en 2020 avaient trouvé une place d’apprenti. Voie royale de la formation en Allemagne, l’apprentissage forme bon an mal an quelques 500.000 jeunes dans le pays.

Le futur gouvernement s’engage, par ailleurs, à la construction de 400.000 nouveaux logements par an, dont un quart à financement public.

Fermeture des centrales à charbon d'ici 2030

L’accent est surtout mis sur la protection du climat, conformément aux promesses électorales des Verts. "Nous avons réussi un projet de coalition qui vise à obtenir la neutralité climatique à tous les niveaux, de la politique environnementale à l'agriculture en passant par les transports, l'industrie, l'économie, mais aussi la coopération internationale, la politique étrangère et la sécurité", a précisé la Verte Annalena Baerbock. La lutte contre le réchauffement climatique est qualifiée de "tâche de l’humanité tout entière".

0,35%
du PIB
Le nouveau gouvernement maintient le cadre actuel du "frein à l’endettement", inscrit dans la constitution, qui limite à 0,35% du PIB par an la possibilité de déficit public en Allemagne, hors circonstances exceptionnelles.

Le programme commun prévoit le développement massif des énergies renouvelables, notamment de l’éolien, le développement des infrastructures et un calendrier pour le développement des lignes à haute tension, pour acheminer le courant produit par les champs d’éoliennes off-shore du nord du pays vers le sud industriel, produisant peu d’énergies renouvelables.

Enfin, l’Allemagne s’engage à fermer ses centrales à charbon d'ici à 2030 et non plus en 2038, comme l’avait décidé le gouvernement d’Angela Merkel.

Plusieurs réformes sociétales sont également annoncées comme la légalisation du cannabis (qui sera vendu dans des magasins agréés et pourrait rapporter 4,7 milliards d’euros aux finances publiques, sous forme de recettes fiscales et de diminution des dépenses de justice), l’abaissement de la majorité électorale à 16 ans, un assouplissement du code de la nationalité et de la loi sur l’avortement.

Pas d'augmentation d'impôts

Sur le plan budgétaire, c'est un véritable tour d'équilibriste qui attend Olaf Scholz, puisqu'il sera confronté au défi d’augmenter les investissements publics dans le domaine climatique, sans augmenter les impôts ni créer de nouveaux déficits, conformément à la promesse électorale du parti libéral FDP dont le chef, Christian Lindner, deviendra ministre des Finances.

Le nouveau gouvernement maintient le cadre actuel du "frein à l’endettement", inscrit dans la constitution, qui limite à 0,35% du PIB par an la possibilité de déficit public en Allemagne, hors circonstances exceptionnelles. 

Le poste des Finances était convoité par le chef de file des Verts Robert Habeck, qui hérite finalement d’un ministère XXL de l’Économie et du Climat en plus du poste de vice-chancelier. La candidate des Verts Annalena Baerbock deviendra, elle, ministre des Affaires Étrangères.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés