Orban continue à dicter sa loi au PPE

Viktor Orban ©REUTERS

Manfred Weber a imposé trois conditions pour que le Fidesz puisse rester au sein du PPE.

Manfred Weber, le chef de file du PPE au Parlement européen, s’est rendu mardi à Budapest pour tenter de ramener sur le droit chemin le Premier ministre hongrois Viktor Orban. Lors d’une rencontre entre les deux hommes, un "quick lunch" nous souffle une source, Manfred Weber a imposé trois conditions pour que le Fidesz puisse rester au sein du PPE. Cesser de faire campagne contre l’Union européenne. Permettre que l’Université d’Europe centrale (CEU), financée par George Soros, puisse continuer à délivrer ses diplômes américains. S’excuser pour la campagne impliquant Jean-Claude Juncker et George Soros.

Pendant les cinq années de la législature européenne, Viktor Orban, dont le parti, le Fidesz, est membre du PPE, s’est fait le champion du nationalisme et de la chrétienté face à l’islam et aux migrants. L’une de ses cibles favorites est le milliardaire George Soros, qu’il accuse de corrompre l’Europe en préparant "la venue de millions de migrants musulmans en terres chrétiennes".

"Le PPE est un parti de valeurs, celui qui ne les respecte pas doit le quitter."
manfred weber
président du groupe PPE au Parlement européen

Ses attaques collent mal avec les valeurs européennes que le PPE se targue de défendre. Son euroscepticisme, ses menaces envers l’indépendance de la justice et des médias de son pays et ses attaques contre l’Université d’Europe centrale ont conduit la Commission européenne à demander l’activation de l’article 7 du traité de Maastricht pouvant mener à une sanction contre la Hongrie, le retrait de son droit de vote au sein du Conseil européen.

Lors d’une récente campagne europhobe, le gouvernement hongrois dénonçait le "complot" de George Soros et du président de la Commission Jean-Claude Juncker, lui aussi membre du PPE. Les deux hommes apparaissaient sur l’affiche comme des comploteurs, avec un sourire étrange, semblable à ceux dont la propagande allemande des années trente affublait les juifs. C’était la goutte qui fit déborder le vase.

Un certain nombre de députés du PPE ont obtenu de mettre à l’ordre du jour l’exclusion du Fidesz et de Viktor Orban du PPE, lors d’une réunion le 20 mars prochain. À la veille d’un sommet crucial pour l’Union. "Le PPE est un parti de valeurs, celui qui ne les respecte pas doit le quitter", précisait Manfred Weber à son retour de Budapest. Mais lors de cette rencontre, Viktor Orban n’a pas plié. Quant à la campagne contre Soros et Juncker, elle était toujours diffusée mercredi.

L’ennui, c’est que la plus grande famille politique du Parlement européen a besoin de tous ses membres pour espérer construire une nouvelle majorité après les élections du 26 mai. Mieux vaut, pour les démocrates-chrétiens, conserver un nationaliste que de le voir courir les groupes politiques clairement europhobes. Manfred Weber a, lui aussi, besoin d’alliés s’il veut décrocher la présidence de la Commission européenne. Jusqu’à quel point? Réponse le 20 mars prochain.

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