Orban s'excuse d'avoir traité des députés belges du PPE "d'idiots utiles"

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Le Premier ministre hongrois a entamé une courbe rentrante afin d'éviter une exclusion du PPE le 20 mars prochain. Il avait traité les eurodéputés belges du CD&V et du cdH "d'idiots utiles".

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban est bien décidé à rester au PPE, la première famille politique européenne, en dépit des menaces d'exclusion pesant sur lui en raison de sa politique eurosceptique et contraire aux valeurs communautaires européennes.

Le gouvernement hongrois a annoncé ce jeudi qu'Orban avait envoyé une lettre d'excuses au PPE pour avoir traité "d'idiots utiles" des députés du groupe opposés à sa politique. C'est la première condition sur la voie de son absolution. Les députés visés par l'autocrate étaient ceux du cdH, du CD&V et du parti luxembourgeois CVS, tous trois désireux de l'exclure du PPE.

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"Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet", lui avait répliqué Benoît Lutgen, le candidat tête de liste du cdH aux élections européennes, paraphrasant le philosophe Georges Courteline.

L'ancien président du cdH avait laissé entendre qu'il voulait éjecter Viktor Orban du PPE. Le pari est loin d'être gagné. Le cdH ne dispose que d'un élu sur les 217 du PPE, un parti où rien ne se décide sans la CDU d'Angela Merkel. 

Courbe rentrante

Après avoir mené durant cinq ans une politique eurosceptique, bloqué la réforme des règles sur la migration, dénoncé le "grand remplacement" des Européens par des populations musulmanes, s'être proclamé défenseur de la chrétienté en Europe, diffusé une propagande aux relents antisémites, le Premier ministre hongrois amorce une courbe rentrante.

Viktor Orban et Manfred Weber, le 12 mars à Budapest ©EPA

Lors d'une visite éclair à Budapest mardi dernier, Manfred Weber (CDU), le président du groupe PPE au Parlement européen, avait enjoint Viktor Orban de présenter ses excuses afin de ne pas se voir expulsé du parti lors d'une réunion le 20 mars prochain. Il lui avait imposé deux autres conditions. Cesser de faire campagne contre l’Union européenne et permettre que l’Université d’Europe centrale (CEU), financée par George Soros, puisse continuer à délivrer ses diplômes américains.

Nul doute qu'il s'exécutera. Le PPE risque de perdre 36 sièges lors des prochaines élections. Il a donc besoin de Viktor Orban pour se maintenir à flot. Le Premier ministre hongrois n'a, lui, aucun intérêt à quitter le puissant PPE.

Le PPE, un mélange de conservateurs et de démocrates chrétiens, détient les présidences des trois institutions européennes. Il entend se présenter en ordre de marche aux prochaines élections. Mais les dissensions sont importantes entre les partis le composant. L'élu cdH Claude Rolin n'a jamais fait mystère de son opposition frontale à l'idéologie du Premier ministre hongrois.

La dernière provocation en date de Viktor Orban était une campagne d'affichage europhobe dénonçant le "complot" de George Soros et du président de la Commission Jean-Claude Juncker. Les deux hommes apparaissaient sur l’affiche avec un sourire étrange, semblable à ceux dont la propagande allemande des années trente affublait les juifs.

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