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Pedro Sanchez tente de séduire Podemos pour sortir de la crise politique en Espagne

Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol ©EPA

Cherchant à débloquer la situation politique en Espagne, Pedro Sanchez a présenté hier une batterie de mesures sociales avec lesquelles le Premier ministre socialiste espère convaincre la gauche radicale de Podemos de le soutenir au pouvoir sans toutefois participer à un gouvernement de coalition. Vu les divergences entre les deux formations, un retour aux urnes apparaît probable.

Pedro Sanchez, qui a gagné les élections du 28 avril dernier, est arrivé au pouvoir en juin 2018 à la tête d’un gouvernement minoritaire que Podemos soutenait sans y prendre part. C’est cette formule qu’il voudrait réactiver.

Le mois d’août a été long. Rien ne s’est passé depuis le 25 juillet, date à laquelle Sanchez a échoué une deuxième fois à obtenir la confiance du Parlement espagnol. Le parti socialiste (PSOE), comme l’a avoué à la presse son numéro trois Jose Luis Abalos le 11 août, espère qu’un accord pourra être obtenu "à la dernière minute", c’est-à-dire avant le 23 septembre.

Rien n’est moins sûr. Les positions de Pedro Sanchez et de Pablo Iglesias, le leader de Podemos, semblent plus éloignées que jamais. Les deux hommes ne se sont pas vus de tout l’été.

"Le document a l’air intéressant, mais les promesses de campagne qui ne sont pas respectées, on connaît!"
Pablo Iglesias
Leader de Podemos

L’affrontement parlementaire lors du débat d’investiture, qui a laissé transparaître la profonde méfiance qui les sépare, n’a rien fait pour arranger les choses.

"Les conditions ne se prêtent pas à une coalition, mais cela ne doit pas faire de nous des ennemis", a dit Pedro Sanchez, qui a proposé d’offrir à la gauche radicale des postes non ministériels en échange de son soutien.

"Le document a l’air intéressant, mais les promesses de campagne qui ne sont pas respectées, on connaît", lui a répondu Pablo Iglesias. "Ils ne peuvent pas prétendre nous humilier plus. Nous avons accepté suffisamment d’humiliations", a-t-il ajouté.

Pression sur Podemos

Les quelque 370 mesures présentées par Pedro Sanchez ont un triple but: mettre toute la pression sur Podemos; séduire les électeurs de la gauche radicale, de plus en plus déchantés avec la formation de Iglesias; et, en cas d’échec des négociations, servir de programme électoral. Elles sont le fruit d’une série d’entretiens que Sanchez a menés ces dernières semaines avec divers collectifs sociaux.

Nombre de mesures proposées par le Premier ministre s’inspirent clairement des idées de Podemos.

Nombre de mesures proposées par le Premier ministre s’inspirent clairement des idées de Podemos. Elles incluent, entre autres, d’augmenter le nombre de crèches publiques, de limiter la hausse des loyers et de promouvoir des mesures environnementales dans les villes.

Sanchez a également proposé la mise en place de mécanismes de contrôle d’un éventuel pacte de gouvernement. Les deux partis ont prévu de se réunir jeudi pour entamer les conversations.

Référendum en Catalogne

Reste le principal contentieux entre le PSOE et la gauche radicale: celui de la Catalogne. Pedro Sanchez a de nouveau souligné qu’il s’opposerait vigoureusement à la célébration d’un "référendum d’autodétermination qui nous mènerait à une voie sans issue". Podemos, qui s’oppose à l’indépendance de la région, est favorable à la tenue d’un vote qui permettrait aux Catalans de s’exprimer.

Si aucun accord n’est trouvé avant le 23 septembre, de nouvelles élections législatives seront organisées le 10 novembre.

Si aucun accord n’est trouvé avant le 23 septembre, de nouvelles élections législatives seront organisées le 10 novembre.

De nombreux responsables socialistes ont laissé entendre que le PSOE se préparait à cette éventualité qui, d’après les sondages publiés par la presse espagnole lundi, lui accorderait une petite avance mais ne lui permettrait toujours pas de gouverner en solitaire.

Podemos, pour sa part, estime qu’un nouveau scrutin pourrait avantager les "trois droites", les conservateurs du Parti Populaire, le centre-droit de Ciudadanos et l’extrême droite de Vox, qui gouvernent en coalition en Andalousie et à Madrid.

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