Philippe Lamberts discute du passage du M5S italien chez les Verts européens

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Les députés européens du Mouvement 5 Etoiles (M5S) cherchent un nouveau groupe politique. Les Verts pourraient envisager une alliance mais des obstacles demeurent.

Les quatorze députés européens du Mouvement 5 étoiles (M5S), le parti politique anti-système fondé par Beppe Grillo, sont intéressés d’intégrer le groupe des Verts européens. Avec une telle alliance, ces derniers compteraient 89 députés. Ils augmenteraient ainsi leur influence au sein de l’hémicycle et se rapprocheraient des Renew Europe, le groupe libéral européen fondé par Emmanuel Macron (108 élus).

"Nous sommes prêts à entendre ce que les députés du M5S ont à nous dire."
philippe lamberts
coprésident des verts européens

Les Verts éviteraient aussi d’être doublés par Identité et Démocratie (ID), le groupe d’extrême droite rebaptisé par Marine Le Pen, en cas de Brexit en raison du départ des députés britanniques. Cela fait plusieurs semaines que les eurodéputés du M5S laissent entendre qu’ils sont demandeurs d’un tel rapprochement.

Ce parti, au pouvoir en Italie et dirigé aujourd’hui par Luigi Di Maio, faisait partie du groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (EFDD), aux côtés du Ukip de Nigel Farage. Mieux disposés que lui envers l’Union européenne, ses élus ne s’y sentaient pas à leur place. L’EFDD ayant disparu, ils cherchent un nouveau groupe.

Obstacles majeurs

Mercredi, les Verts européens ont mandaté leur président, Philippe Lamberts (Ecolo), pour évaluer la question. Ils se disent prêts à démarrer des discussions afin "d’établir un certain nombre des choses" ("fact finding", dans le texte) à mettre en œuvre. Traduction: la porte n’est pas fermée, mais rien n’est fait. Les deux partis vont se rencontrer. "Nous allons mettre sur la table le fait qu’on a des problèmes majeurs à former un groupe avec un parti qui n’a pas hésité à gouverner avec l’extrême droite. Un parti, qui, du reste, est une société privée aux mains d’un seul homme, confie Philippe Lamberts. Ce sont des obstacles majeurs, mais on est prêts à entendre ce que les députés du M5S ont à nous dire."

L’opération sera délicate, le mouvement, fondé après la crise économique de 2009, traîne une réputation sulfureuse, en particulier depuis qu’il a gouverné avec la Ligue de Matteo Salvini. Cet été, le M5S a éjecté ce parti d’extrême droite pour former une nouvelle coalition avec le Parti Démocrate (centre). Une mutation qui rend à présent le mouvement davantage fréquentable. Mais il devra passer sous les fourches caudines. "La porte est entrouverte, poursuit Philippe Lamberts. S’ils veulent discuter d’autres choses, nous le ferons aussi. Côté positif, il faut reconnaître qu’ils ont souvent un comportement de vote proche du nôtre."

Le M5S a également tenté un rapprochement avec Renew Europe. Le Premier ministre italien Giuseppe Conte, un indépendant proche du M5S, a tenté le coup. Sans succès. Les députés français de Renew Europe ne sont pas prêts à accueillir dans leur groupe un parti dont le dirigeant, Luigi Di Maio, n’a pas hésité à apporter son soutien aux gilets jaunes en guerre contre le président Macron. Tout le monde à aussi en mémoire le coup de latte que reçu l’ancien président des libéraux européens, Guy Verhofstadt, lorsqu’il avait tenté, en 2017, de faire venir le M5S dans son groupe. L’extrême gauche du Parlement européen (GUE) devrait aussi s’opposer à une alliance avec le M5S.

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