Plaidoyer de députés européens pour le retour des enfants de djihadistes

©Photo News

Plus de 700 enfants de djihadistes européens, de moins de dix ans, se trouvent dans les camps du nord de la Syrie. Les députés européens plaident pour leur retour.

Plusieurs députés européens, dont les Belges Hilde Vautmans (Open Vld/RE) et Saskia Bricmont (Ecolo, Verts/ALE), ont plaidé ce mercredi lors du débat sur l’invasion turque en Syrie, pour rapatrier les enfants de djihadistes localisés dans des camps au nord du pays.

Hilde Vautmans a dénoncé la présence de plus 700 enfants européens de moins de dix ans dans les camps. "Ils ne doivent pas payer pour les péchés de leurs parents, pour leurs erreurs", a-t-elle dit. La députée libérale organisait la veille un débat au Parlement européen ainsi que la projection d’un film sur "Les enfants européens du groupe État islamique", réalisé par la journaliste d’Euronews Anelise Borges.

"Nous avons l’obligation d’aider ces enfants. Ils sont très jeunes, certains ont moins de trois ans, et sont innocents (…) 70% d’entre eux sont sous-alimentés."
Heidi De Pauw
Directrice générale de Child Focus

"Nous avons l’obligation d’aider ces enfants. Ils sont très jeunes, certains ont moins de trois ans, et sont innocents (…) 70% d’entre eux sont sous-alimentés", a dit la directrice générale de Child Focus, Heidi De Pauw, présente au débat. Child Focus était là pour presser les autorités européennes d’inciter les États de l’UE, dont la Belgique, à rapatrier leurs enfants. "La Belgique doit faire ce qu’elle a dit", martèle Heidi De Pauw. Pour rappel, la Belgique a décidé en 2017 d’aider au rapatriement des enfants de moins de dix ans pour autant qu’un membre de la famille restée en Belgique en fasse la demande.

Pas moins de 69 enfants belges sont internés dans des camps. Deux sont sans parents, les autres sont accompagnés de leur mère, le plus souvent toujours radicalisée. Les pères ont disparu, tués ou emprisonnés ailleurs en Syrie ou en Irak. À ces mineurs belges "prisonniers" s’ajoutent une centaine d’enfants qui ne sont pas localisés.

"Nous ne pouvons rendre ces enfants responsables des choix criminels de leurs parents."
Samia Maktouf
Avocate française

Hilde Vautmans plaide pour le retour des enfants "sans leur mère". Dans le reportage d’Anelise Borges, on découvre des mères toujours radicalisées, qui ne regrettent rien, et d’autres regrettant d’avoir fréquenté l’État islamique. "Dans les camps, celles qui tournent le dos à Daech subissent la pression des autres", précise Heidi De Pauw.

"Nous ne pouvons rendre ces enfants responsables des choix criminels de leurs parents", explique Samia Maktouf, avocate française de grands parents d’enfants de djihadistes mais aussi de victimes des attentats du Bataclan. Elle invite aussi à la constitution d’une cour internationale pour juger les criminels de Daech.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect