Plus de 300 policiers d'extrême droite en Allemagne

Pour le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, le chiffre de 377 extrémistes de droite dans les forces de sécurité du pays constitue une goutte d’eau au regard des effectifs globaux de 300.000 agents. ©AFP

Le gouvernement allemand a reconnu mardi la présence de 377 extrémistes de droite dans les rangs des forces de sécurité entre 2017 et début 2020, dont 319 dans la police. Le ministre refuse de parler d’un problème structurel.

Quelques moutons noirs, mais 99% de policiers respectant les principes de la Constitution… Tel est le tableau dressé mardi par le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer, pressé depuis des mois de faire toute la lumière sur de possibles connexions entre l’extrême droite et les forces de sécurité.

Selon le ministre, les services de renseignement et de protection de la Constitution ont démasqué 377 extrémistes de droite dans les rangs des forces de sécurité entre 2017 et avril 2020, dont 319 dans la police. Pour le ministre de l'Intérieur, il s’agit là d’une goutte d’eau au regard des effectifs globaux de 300.000 agents de sécurité dans le pays. "Chaque cas avéré est une honte mais il n’y a pas de problème structurel", estime Horst Seehofer, qui refuse le principe d’une enquête plus poussée sur un éventuel racisme au sein des forces de l’ordre ou le risque d’éventuelles discriminations à l’égard des minorités, comme l’exigent les Verts et les sociaux-démocrates. De son côté, le chef de la police fédérale, Dieter Roman, estime qu’"il n’y a aucun réseau d’extrême droite au sein de la police".

Plusieurs affaires avaient pourtant provoqué une vive émotion dans le pays au cours des derniers mois. En Rhénanie du Nord-Westphalie, le Land le plus peuplé du pays, une trentaine de policiers, entre-temps suspendus, avaient échangé sur la messagerie WhatsApp des photos d’Hitler, de croix gammées, de drapeaux du Troisième Reich et même un montage photo montrant un réfugié dans une chambre à gaz.

En septembre, un groupe similaire avait été démantelé à Berlin. Et en juillet, un policier à la retraite et son épouse avaient été interpellés après avoir adressé des menaces de mort à des politiciens et des avocats issus de l’immigration ou défendant la cause des réfugiés.

"Chaque cas est une honte, mais il n’y a pas de problème structurel."
Horst Seehofer
Ministre allemand de l'Intérieur

L’armée est elle aussi concernée. Les services de renseignement y ont détecté la présence de quelque 1.000 sympathisants de l’extrême droite, et un commando d’élite, le KSK, avait dû être en partie dissous, une vingtaine de ses membres étant soupçonnés d'appartenir à la mouvance néo-nazie.

L’opposition s’émeut aussi de liens étroits entre la police et le parti d’extrême droite AfD. Cinq des 89 élus que compte ce parti au Bundestag sont policiers, alors que l’Allemagne n’oblige pas les fonctionnaires à la neutralité politique. L’AfD est également fortement représentée dans les rangs de la justice, et chez les enseignants.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés