Polémique: Ménard fiche les écoliers musulmans

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Le maire de Béziers a reconnu en direct à la télévision comptabiliser les enfants de confession musulmane. Un recensement qui crée la polémique. Il est en effet interdit en France de traiter des données à caractère personnel notamment sur le plan ethnique. La Justice annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire.

Il y a un peu plus d'un an, Robert Ménard, fondateur de Reporter Sans frontière (RSF), quitte le monde du journalisme. Connu et reconnu pour son travail en faveur de la liberté de la presse, le fondateur de Reporter Sans frontière (RSF) se lance dans la politique.

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En l'espace de quelques mois, il réussit à s'emparer de la mairie de Béziers avec une liste dite "trans-partisane", rassemblant des élus de la gauche à l'extrême droite. Très soutenue par le Front National, sa campagne aux accents sécuritaires fait mouche. Il est élu maire de la deuxième plus grande ville de département de l'Hérault après Montpellier.

« Je n'ai pas la carte du FN et je ne la prendrai jamais, pas plus que celle d'un autre parti. Cela dit, je suis d'accord avec 80 % de leurs idées, notamment celles sur l'immigration. »
Robert Ménard
dans Le Monde - 29 novembre 2013

Le grand écart idéologique de Robert Ménard a suscité - et suscite toujours - le malaise d'un grand nombre de journalistes. Nouvelle illustration ce lundi. Au cours d'un débat télévisé concernant l'affaire Le Pen sur France 2, le maire de Béziers donne, en direct et à la virgule près, la proportion d'enfants de confession musulmane fréquentant les écoles de sa commune.

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"Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n'ai pas le droit, mais on le fait. " Et Robert Ménard d'insister: " Les prénoms disent les confessions. Dire l'inverse, c'est nier une évidence. Si vous vous appelez Mohammed, c'est que vous êtes...". Il ne termine pas sa phrase en raison du tollé général sur le plateau provoqué par ses propos.

On se réveille dans un pays où un maire fiche ses concitoyens en fonction de leur religion grâce à ... la consonance de leur nom. #Ménard— Adrien Jolly (@AdrienJolly) 5 Mai 2015

Notez que Robert Ménard repère les petits étrangers à leur prénom, pas à leur étoile jaune. C'est un modéré.— JF Couvrat (@Dechiffrages) 4 Mai 2015

Honte au Maire de Béziers. La République ne fait AUCUNE distinction parmi ses enfants. MV— Manuel Valls (@manuelvalls) 5 Mai 2015

Propos qui ont agité les réseaux sociaux jusqu'à arriver aux oreilles de la Justice française. Une enquête préliminaire a été ouverte car à l'inverse des pays anglo-saxons, la France condamne l'usage de statistiques ethniques.

Dans le but de traiter tous les citoyens à égalité, la loi  du 6 janvier 1978 intitulée "informatique et liberté" interdit de recueillir et d'enregistrer des informations faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines "raciales" ou ethniques, ainsi que les appartenances religieuses des personnes.

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