Portugal: le président a des doutes sur le budget de rigueur

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Le budget portugais pour 2013, marqué par de sévères mesures d'austérité, sera soumis à la Cour constitutionnelle, a indiqué mardi le président Anibal Cavaco Silva estimant qu'il y a des doutes en matière "de justice dans la répartition des sacrifices" demandés aux Portugais.

"De ma propre initiative, la Cour constitutionnelle sera appelée à se prononcer sur la conformité du budget d'Etat pour 2013 avec la constitution de la République", a déclaré M. Cavaco Silva lors de son message de Nouvel an retransmis à la télévision.

"2013 sera une année difficile", a-t-il souligné. "L'exécution du budget se traduira par une réduction des revenus des citoyens, par le biais d'une forte hausse d'impôts et une baisse des prestations sociales. Tout le monde sera touché, mais certains plus que d'autres, ce qui soulève des doutes sur la justice dans la répartition des efforts", a reconnu le chef de l'Etat.

Approuvé au parlement fin novembre, le budget 2013 a pourtant été promulgué par le président vendredi dernier, avant d'entrer en vigueur mardi. "Sans cela, le pays serait privé du plus important instrument de politique économique dont il dispose et les conséquences sur le plan externe seraient extrêmement négatives", s'est justifié M. Cavaco Silva.

Tout en appelant les Portugais à unir leurs efforts, il s'est montré attentif à la vague de contestation dans le pays ces dernières semaines, ponctuée de grèves et manifestations au cours desquelles les protestataires ont souvent appelé le président à ne pas promulguer le budget. Divers partis d'extrême gauche ont fait part, de leur côté, de leur intention de saisir la Cour constitutionnelle.

Cette instance pourrait, selon certains experts, déclarer anticonstitutionnelles certaines dispositions du budget, notamment la taxation des retraites ou la réduction du nombre de tranches d'imposition.

Le budget 2013 doit permettre au Portugal de réaliser des économies de 5,3 milliards d'euros, financés à plus de 80% par des hausses d'impôts que le ministre des Finances, Vitor Gaspar, avait lui-même qualifiées d'"énormes". Il les a néanmoins jugées indispensables en raison de la crise qui frappe le Portugal, sous assistance financière internationale depuis mai 2011.

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