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Pour Theresa May, c'est son plan sur le Brexit ou rien

©AFP

La Première ministre britannique a menacé ce lundi qu'un refus du Parlement concernant son accord sur le Brexit, "le plan Chequers", aboutirait à un Brexit sans accord. Theresa May hausse le ton alors la date de sortie effective du Royaume-Uni de l'UE se rapproche.

©Extrait de l'interview de Theresa May par Nick Robinson, diffusé sur la BBC

Pour son entretien avec Nick Robinson, qui sera diffusé dans son intégralité ce lundi soir sur la BBC, la cheffe du gouvernement britannique a revêtu un habit blanc, faussement en signe de paix. Car Theresa May use de la menace, son "Plan Chequers" n'est pas une alternative, c'est un ultimatum. L'accord devra recevoir l'accord du Parlement britannique pour que les négociations sur la sortie de l'UE du Royaume-Uni se poursuivent à Bruxelles. Vivement critiqué de toutes parts, l'accord proposé par le gouvernement May divise même la majorité au Parlement britannique. 

Le plan défini à Chequers et porté par Theresa May prévoit la création d'une zone de libre-échange pour les biens industriels et les produits agricoles. 

Il met fin à la liberté de circulation des citoyens européens, bien qu'il veut toutefois préserver la mobilité des étudiants. 

Critiqué par un parti conservateur attaché à un "Brexit dur", le "plan Chequers" adopte la voie d'un "Brexit souple".

→ À lire: Le livre blanc proposé par Theresa May convaincra-t-il l'UE?

 

 

Intérrogée par Nick Robinson, Theresa May a spéculé sur le futur du "Plan Chequers". "Je crois que le Parlement votera en faveur de l'accord parce que les gens mesureront l'importance d'un accord qui préserve de bonnes relations commerciales avec l'UE... mais qui nous donne la liberté de bénéficier des avantages et des opportunités du Brexit."

Et, interrogée sur un éventuel rejet du Parlement, la cheffe du gouvernement britannique ajoute: "Si à la fin des négociations nous parvenons à un accord et si le Parlement le rejette en nous disant d'en négocier un meilleur, pensez-vous vraiment que l'Union européenne va nous donner un meilleur accord à ce stade?" Une question rhétorique, car Theresa May a mis les points sur les "i". Il faudra ratifier le présent accord. "Je crois que l'alternative, c'est de ne pas avoir d'accord", a déclaré la Première ministre, intransigeante. 

Ce n'est pas la première fois qu'un Brexit sans accord menace le gouvernement de Theresa May. Liam Fox, le ministre du Commerce international, avait évalué sa probabilité à "60/40".

Simultanément aux déclarations de Theresa May sur la BBC, le Fonds monétaire international (FMI) a dévoilé ce lundi son rapport annuel sur le Royaume-Uni, et annonce la couleur: un Brexit sans accord "entraînerait à des coûts importants" pour l'économie britannique. 

Le Fonds monétaire international (FMI) alerte le Parlement britannique: un Brexit sans accord "entraînerait des coûts importants" pour son économie

  • Le FMI prévoit une croissance de 1,5% pour 2019 outre manche. Les prévisions de l'organisation monétaire se basent sur l'obtention d'un divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne avant la fin de l'année. Une sortie troublée du bloc européen "pourrait conduire à un résultat bien pire", a prévenu le FMI dans son rapport annuel sur la Grande-Bretagne.
  • Christine Lagarde, la directrice générale du FMI a encouragé le "Royaume-Uni et l'Union européenne a travailler avec assiduité" pour éviter un divorce brutal. Ce scénario réduirait la croissance, pèserait sur les finances publiques et entraînerait une dépréciation de la devise britannique. La directrice du FMI considère que le futur accord commercial et la frontière irlandaise sont les deux priorités du gouvernement britannique
  • Si un Brexit "sans accord" reste encore de l'ordre de la spéculation, il inquiète le milieu des affaires britanniques. Philip Hammond, le ministre des Finances du Royaume-Uni, a déclaré ce lundi qu'un tel scénario "semble improbable, mais reste possible"

Le contentieux irlandais

Le gouvernement May doit encore s'atteler un défi de taille: régler le contentieux de la frontière irlandaise. En juin dernier la cheffe du gouvernement britannique prévoyait un filet de sécurité, le backstop, qui devait permettre au pays de se maintenir au sein de l'Union douanière et du marché unique européen sans pour autant rétablir une frontière entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande.

Si Bruxelles et Londres sont d'accord sur le principe, c'est la mise en application du "backstop" qui fait défaut. Michel Barnier, le négociateur en chef européen, avait rejeté la proposition de Londres.  

D'après un article paru dans le Times ce lundi, Michel Barnier porterait un nouveau projet de "protocole irlandais". Ce serait bien le retour d'une frontière, mais dématérialisée. Le négociateur en chef européen prévoit la coopération avec des "entreprises de confiance" dans le suivi des marchandises grâce à des codes-barres.

Le projet a d'ores et déjà reçu le soutien de Boris Johnson, l'ancien ministre des Affaires étrangères qui s'était sorti du gouvernement en claquant la porte au plan de Theresa May.

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