Pré-accord sur un mécanisme de relocalisation de migrants

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Pour que le débarquement des migrants sauvés en Méditerranée ne soit plus décidé au cas par cas, cinq pays ont convenu d’un mécanisme de répartition des personnes secourues. Ils espèrent obtenir l’adhésion des autres États membres pour ce système "provisoire" d’accueil sur base volontaire.

Il n’aura pas fallu trois semaines après l’entrée en fonction du nouveau gouvernement italien pour que l’Europe apporte une nouvelle piste de réponse à la crise migratoire. Après le départ du ministre de l’Intérieur d’extrême droite Matteo Salvini, qui bloquait le débarquement dans les ports italiens de migrants sauvés en Méditerranée, le nouvel attelage de centre gauche réunissant le Mouvement 5 étoiles et le Parti Démocratique rouvre les portes de l’Italie, mais attend le soutien des autres États membres de l’Union. Au lendemain de l’annonce du débarquement à Messine de 182 migrants secourus en Méditerranée, cinq États membres ont annoncé lundi un accord sur un mécanisme de répartition des migrants.

Les ministres de l’Intérieur de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et de Malte ont signé avec la présidence finlandaise du Conseil européen et la Commission européenne un accord par lequel les États membres accueilleraient sur base volontaire les migrants arrivés par la Méditerranée centrale. Cet accord doit permettre d’accélérer les autorisations de débarquement de migrants en ports sûrs et de mettre fin aux négociations au cas par cas sur la répartition des personnes.

Convaincre les autres

En fait d’accord, il faudrait plutôt parler d’un pré-accord, car le "document commun", qui n’est pas public, doit encore être présenté aux vingt-huit ministres des Affaires étrangères de l’Union, qui se réunissent le 8 octobre à Luxembourg.

"Une solution structurelle et permanente [est] la seule solution viable à moyen terme."
Dimitris Avramopoulos
Commissaire européen À la migration

Lors d’une conférence de presse en plein air, le commissaire en charge de la politique migratoire Dimitris Avramopoulos a appelé "tous les États membres à nous rejoindre dans notre travail". Le système de relocalisation proposé doit permettre une relocalisation rapide de demandeurs d’asile, a indiqué la Finlandaise Maria Karoliina Ohisalo. Son collègue français Christophe Castaner a dit souhaiter "faire porter" l’accord "par l’ensemble des pays européens".

En attendant Dublin

Suite à la crise de l’accueil migratoire de 2015, la Commission européenne avait proposé un paquet de mesures, dont un mécanisme de relocalisation qui n’a jamais été appliqué qu’à la marge. Depuis un an, quinze États membres (et la Norvège) participent à une coordination pour répartir au cas par cas les personnes secourues alors qu’elles tentaient de rejoindre l’Union européenne par la mer. Une petite vingtaine de coordinations ont eu lieu, mobilisant à chaque fois des États membres différents, indique une source européenne.

S’il est confirmé, le préaccord conclu lundi ne réglera que temporairement la question des arrivées sur une zone réduite. La Méditerranée centrale est le couloir par lequel les arrivées sont les moins nombreuses en ce moment. Depuis le début de l’année, 67.000 migrants sont arrivés en Europe par la mer: 13% d’entre eux ont débarqué en Italie ou à Malte, alors que 57% sont arrivés par la Grèce et 29% par l’Espagne. Le ministre français a indiqué vouloir une réforme plus ambitieuse qui permette de traiter les cas de la Grèce, de Chypre et de l’Espagne. Pour le commissaire Avramopoulos, "une solution structurelle et permanente" est "la seule solution viable à moyen terme".

La prochaine Commission européenne doit proposer un "nouveau pacte sur la migration et l’asile", qui devrait réformer le règlement de Dublin, en vertu duquel le traitement des demandes d’asile se fait dans le premier pays où l’arrivant est enregistré – un modèle qui met la charge de l’accueil sur les pays en première ligne.

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